Arnaques et fraudes à l'Assurance maladie : plus de 6,5 millions d'euros volés récupérés par la CPAM dans le Gard
En 2025, les actions de la CPAM du Gard ont permis de détecter et stopper 6,73 millions d'euros de fraude. Un résultat qui a plus que doublé depuis 2021 et qui vise surtout les professionnels de santé. Faux arrêts de travail, abus de carte vitale, documents falsifiés… Nombre d'idées ne manquent pas pour tenter de subtiliser l'argent attribué à l'Assurance maladie.
La CPAM du Gard, qui charge 16 de ses agents pour mener à bien cette mission, a réussi à détecter et stopper 6,73 millions d'euros de fraudes en 2025. Ce chiffre paraît dérisoire quand on sait que la caisse verse environ 3 milliards d'euros d'indemnités chaque année dans le département, mais il a bondi de 170 % depuis 2021 selon les statistiques internes. Ce résultat démontre l'efficacité du système de surveillance, mais aussi la « professionnalisation » des fraudeurs selon le directeur de la CPAM du Gard, Pierre Cuchet : « On n'est plus dans la fraude artisanale, elle est désormais liée aux stratégies criminelles, et nous devons continuer à nous adapter face aux menaces. »
Les professionnels, premiers saigneurs
Parmi les fraudeurs repérés (plus de 200 dossiers, dont 154 en contentieux, ont été traités en 2025), on remarque une part quasi-égale entre les particuliers et les professionnels de santé. Cependant, ces derniers cumulent à eux seuls « près de 83 % des montants » des fraudes repérées. Le dernier exemple probant en date est celui d'un kiné condamné en janvier dernier par le tribunal d'Alès pour 120 000 euros de fausses factures. L'homme facturait jusqu'à 20 patients par heure sous prétexte d'une visite dans un Ehpad de Val d'Aigoual. « On est surpris, même s'il ne s'agit que d'une minorité de la profession, de l'augmentation de fraudes parmi les kinés l'an dernier », note la directrice financière de la CPAM du Gard, Catherine Olivier.
En 2025, 1,35 million d'euros détournés par des masseurs-kinésithérapeutes ont été détectés contre 70 000 euros en 2024. Les audioprothésistes (1,35 million d'euros), les infirmiers (690 000 euros), les médecins spécialistes (680 000 euros) et les pharmaciens (460 000 euros) sont les autres catégories professionnelles les plus touchées par les fraudes. En réponse, la CPAM peut soumettre, aux professionnels comme aux assurés, des pénalités financières (81 données en 2025 dans le Gard) ou entreprendre des procédures pénales. L'an dernier, un infirmier gardois a ainsi écopé d'une pénalité de 30 000 euros pour avoir facturé des actes non réalisés.
Sécuriser et réagir
La CPAM pointe également de bonnes avancées dans la lutte contre les faux arrêts de travail, facilement trouvables sur des sites d'achat en ligne et sur les réseaux sociaux. « C'est la tendance la plus risquée du moment », avertit Catherine Olivier. « Aujourd'hui, poursuit Pierre Cuchet, 85 % des arrêts de travail sont transmis en ligne », soit directement par le médecin traitant depuis son ordinateur. Les formulaires papiers disposent également d'éléments de sécurité pour éviter les falsifications. « Sécuriser dès que possible permet d'éviter la fraude. C'est pour cela que nous appelons à la vigilance de tous : les assurés sont notifiés de chaque remboursement à eux et à leur professionnel de santé. En cas de doute, il faut alerter dès que possible. »



