La force musculaire, un atout biologique crucial pour la longévité
Beaucoup d'entre nous s'intéressent à la VO2max, considérée comme la référence absolue de la santé cardio-vasculaire. Mais et si la santé cardio-vasculaire n'était pas le seul secret de la longévité ? Une étude publiée dans l'American Journal of Medicine a examiné près de 5 000 participants âgés de 35 à 74 ans, ayant réalisé divers tests physiologiques, dont une évaluation de la force de préhension.
Les résultats démontrent que les personnes appartenant au tiers présentant la plus grande force ont un risque de mortalité deux fois moindre entre 40 et 60 ans par rapport à celles du tiers le plus faible – un écart que la condition cardio-vasculaire seule ne parvient pas à expliquer.
Des indicateurs fiables de la santé future
La capacité à se lever d'une chaise sans utiliser les mains ainsi que la force de préhension mesurée par un dynamomètre sont des indicateurs fiables de la santé future, souvent plus pertinents que les tests d'effort réalisés sur un vélo.
Ces résultats ne sont pas isolés. Une méta-analyse publiée dans Archives of Physical Medicine and Rehabilitation, synthétisant trente-huit études portant sur près de deux millions de personnes, confirme et amplifie ce constat : les individus présentant une force musculaire élevée affichent un risque de mortalité toutes causes 31 % inférieur à ceux dont la force est faible.
Cet effet protecteur s'avère légèrement plus marqué chez les femmes que chez les hommes, avec une réduction du risque de 40 % contre 31 %.
Le muscle, bouclier contre le cancer
La relation entre force musculaire et longévité dépasse largement le cadre des maladies cardio-vasculaires. Selon une méta-analyse publiée dans le BMJ, 30 % des décès par cancer seraient en réalité imputables à la faiblesse musculaire associée à la maladie et non au cancer lui-même.
Les patients les plus musclés n'ont pas moins de cancers mais ils survivent aux traitements – chimiothérapie, chirurgie lourde, radiothérapie – que les organismes fragilisés supportent plus difficilement.
Le tiers le plus fort affiche un risque de mortalité par cancer quatre fois inférieur à celui du tiers le plus faible. Le muscle agit comme un bouclier métabolique en stockant des réserves d'acides aminés dans lesquelles l'organisme puise lorsqu'il combat la maladie.
Cerveau et proprioception
Le cerveau n'est pas en reste et profite aussi de la robustesse physique. Une revue systématique parue dans Frontiers in Aging Neuroscience confirme que la force de préhension est inversement corrélée au risque de démence.
Lorsque vous trébuchez, votre cerveau doit envoyer un signal suffisamment rapide pour projeter votre pied en avant et éviter la chute. Un cerveau mieux entraîné, plus réactif, contribue à un meilleur équilibre.
L'entraînement en résistance améliore la proprioception, c'est-à-dire la capacité du système nerveux à connaître la position et les mouvements du corps grâce aux capteurs des muscles, tendons, ligaments et articulations.
La chute, ennemie silencieuse
Après 60 ans, une fracture de la hanche est susceptible de faire chuter l'espérance de vie jusqu'à moins d'un an, selon une étude parue dans Scientific Reports. L'immobilisation qui s'ensuit favorise l'accélération de la fonte musculaire, le développement d'infections nosocomiales, la survenue d'embolies pulmonaires ainsi qu'une détérioration cognitive rapide.
À ce stade de la vie, la prévention de ces complications par le renforcement musculaire constitue une réelle nécessité médicale et non un simple élément de confort.
Entretenir sa force physique n'est pas qu'une simple pratique sportive à visée plus ou moins esthétique, elle représente un atout biologique essentiel qui contribue à la préservation de la santé, à la protection de l'organisme et donc à la longévité.
Pour autant, il convient de ne pas mettre au rebut sa VO2max, la clé du succès c'est bien de mêler les activités « cardio » et les activités de renforcement musculaire.



