Cancer de la gorge : un film primé aux César soutient la campagne de dépistage
Film César soutient campagne dépistage cancer gorge

Cancer de la gorge : un film primé aux César mobilise pour la prévention

Chaque année, plus de 15.000 personnes reçoivent un diagnostic de cancer de la gorge en France, un chiffre alarmant qui inclut environ 3.000 cas directement attribués au papillomavirus humain (HPV). Selon les données diffusées par la Campagne Rouge-Gorge, cela équivaut à 41 nouveaux diagnostics chaque jour, soulignant l'urgence d'une action collective face à cette maladie souvent méconnue.

Une campagne nationale pour informer et inciter au dépistage

Du 30 mars au 3 avril, la Société Française de Carcinologie Cervico-Fasciale et la Société Française d'Oto-Rhino-Laryngologie et de Chirurgie de la Face et du Cou organisent une vaste opération de sensibilisation. L'objectif principal est d'informer les jeunes générations et d'encourager la population à se soumettre à des dépistages réguliers, essentiels pour une détection précoce.

Pour amplifier ce message, le film Nino, réalisé par Pauline Loquès et doublement récompensé aux César 2026, sera projeté en salles du 30 mars au 13 avril dans les villes de Paris, Tours et Nancy. Ce long métrage suit le personnage éponyme, Nino, âgé de 28 ans, durant les trois jours qui précèdent sa première chimiothérapie après un diagnostic de cancer de la gorge causé par un papillomavirus.

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Le choix audacieux de traiter un sujet difficile

Incarner par l'acteur Théodore Pellerin, Nino incarne la réalité de nombreux jeunes touchés par cette maladie. Pauline Loquès a été motivée par une expérience personnelle tragique, ayant vu un proche jeune succomber à un cancer. Elle a spécifiquement choisi le cancer de la gorge pour son caractère méconnu et sournois, car il peut se manifester jusqu'à dix ans après une infection au HPV, avec des symptômes souvent bénins comme des douleurs persistantes dans la bouche ou la gorge, une boule au cou, et une fatigue extrême.

La réalisatrice a dû surmonter un sentiment d'illégitimité, consciente que son œuvre touche à la vie quotidienne de patients réels. Son passé de journaliste, notamment durant la pandémie de COVID-19, lui a permis d'aborder les sujets de santé avec rigueur et sensibilité, enrichissant son écriture et son inspiration.

Une maladie avec un bon pronostic de guérison

Bien que le personnage de Nino s'interroge sur ses chances de survie, le cancer de la gorge, pris en charge tôt, offre un taux de guérison de 80 à 90% sans séquelles majeures. Pauline Loquès a voulu créer un film porteur d'espoir, comme elle l'a exprimé lors d'une interview sur le plateau de C à Vous, affirmant son désir de réinventer l'histoire en montrant un jeune homme confronté à la maladie mais orienté vers la lumière.

Représenter la réalité sans pathos

À 38 ans, la cinéaste a cherché à dépeindre la réalité des patients et de leurs aidants avec authenticité et optimisme. Nino se concentre sur les trois jours suivant le diagnostic, une période cruciale où le patient doit trouver du soutien et de la confiance. Pauline Loquès explique que pour son héros, le diagnostic n'est pas une chape de plomb, et elle évite de montrer les moments les plus difficiles de la chimiothérapie, préférant mettre en avant des récits de résilience et de pulsions de vie chez les jeunes.

Les projections du film seront accompagnées de moments de discussion, renforçant le lien entre art et sensibilisation. Nino sera à l'affiche le 1er avril à Tours, le 2 avril à Nancy, et le 13 avril à Paris, offrant une opportunité unique de dialogue sur cette maladie trop souvent ignorée.

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