Journée de dépistage rénal à Bordeaux : une alerte sur les maladies silencieuses
Dans le cadre de la Semaine nationale du rein, la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine a organisé, ce jeudi 12 mars, une journée de sensibilisation et de dépistage gratuit. Cette initiative vise à mieux faire connaître les maladies rénales chroniques, qui touchent une personne sur dix en France, selon les estimations des professionnels de santé.
Une maladie souvent détectée trop tard
Le docteur Thierry Baranger, néphrologue à la Polyclinique Bordeaux Nord Aquitaine, souligne le caractère insidieux de ces pathologies. « Dans certains cas, l'évolution prend plus de dix ans. Sans dépistage, il est impossible de savoir, car la maladie ne présente souvent aucun signe spécifique jusqu'à ce qu'elle soit déjà installée et menaçante », explique-t-il. Il ajoute que lorsque les reins ont perdu 30 % de leur fonction, le patient atteint déjà un stade 4 de la maladie, ce qui rend la prise en charge plus complexe.
Témoignage poignant de Jean-Pierre Blanc
Jean-Pierre Blanc, membre du conseil d'administration de la Fondation France Rein Aquitaine, partenaire de l'événement, partage son expérience personnelle. « Les maladies rénales sont sournoises. Dans mon cas, je suis arrivé en néphrologie après une simple infection urinaire », se souvient-il. Diagnostiqué avec une polykystose rénale à la cinquantaine, il a dû suivre des séances de dialyse trois fois par semaine, durant quatre heures chaque fois, jusqu'à sa greffe de rein le 21 octobre 2004. Aujourd'hui, il bénéficie d'un suivi trimestriel régulier.
Chiffres alarmants et coûts élevés
Le docteur Baranger complète le tableau avec des données nationales préoccupantes : « En France, on compte 42 500 patients dialysés, autant de transplantés rénaux et 12 500 personnes dans l'attente d'un rein ». Au sein de la clinique bordelaise, le centre de dialyse assure une permanence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, soulignant l'importance de ces structures. Le traitement de la maladie rénale chronique représente un coût significatif, estimé à 80 000 euros par an et par patient.
Facteurs de risque et prévention
Le néphrologue rappelle que les maladies rénales sont souvent associées à d'autres conditions, comme l'hypertension artérielle et le diabète, et qu'elles sont également liées au vieillissement de la population. Pour limiter les risques, il préconise des mesures simples mais efficaces :
- Bouger régulièrement pour maintenir une activité physique.
- Manger sainement, avec une alimentation peu salée.
- Bien s'hydrater tout au long de la journée.
Il insiste sur le lien étroit entre le cœur et les reins, comparant le premier à une pompe et le second à un filtre, nécessitant tous deux une hygiène de vie rigoureuse. Cette journée de sensibilisation, qui s'est tenue jusqu'au 14 mars dans le cadre de la Semaine nationale du rein, vise à encourager le dépistage précoce et à informer le public sur l'importance de la prévention.



