Une avancée historique pour les étudiantes de Montpellier
L'université Paul-Valéry à Montpellier vient d'annoncer une mesure innovante qui fera date dans le paysage universitaire français. Dès la rentrée 2025, les étudiantes pourront bénéficier d'un dispositif d'absence spécifique pour troubles menstruels, leur accordant jusqu'à dix jours par an, soit deux jours par mois maximum.
Briser le silence autour des règles douloureuses
Cette décision vise explicitement à sortir les règles de l'invisibilité sociale et à mieux prendre en compte les difficultés rencontrées par de nombreuses femmes durant leur cycle menstruel. Sur le campus, l'annonce a été accueillie avec un mélange de soulagement et d'émotion.
Pour Léa, étudiante de 19 ans, cette mesure représente un premier pas essentiel : "Je reste souvent bloquée chez moi à cause de mes règles. Dix jours, ce n'est pas assez quand on souffre régulièrement, mais c'est déjà une reconnaissance importante", confie-t-elle.
Des témoignages poignants sur le campus
Dans la bibliothèque universitaire, Morgane et Aïssatou partagent leur surprise : "On ne pensait pas que ça allait être mis en place si vite. C'est un vrai changement de mentalité". Ana, en master de psychologie, voit dans cette mesure un message fort envoyé à la société : "Même si je n'en souffre pas trop personnellement, je vois mes copines qui endurent des douleurs insupportables. On sent que les choses évoluent dans le bon sens".
Inès, quant à elle, souligne le chemin parcouru et celui qui reste à faire : "Ce n'est pas encore la finalité, mais c'est un soulagement immense. Le sujet est moins tabou qu'avant, mais la parole n'est pas encore totalement libérée".
Une bascule générationnelle palpable
Marie, mère d'une étudiante de Paul-Valéry, témoigne avec émotion de l'évolution des mentalités : "J'aurais vraiment aimé bénéficier de cela quand j'étais étudiante. À chaque premier jour de règles, j'étais obligée d'aller à l'infirmerie. Je ne tenais pas debout. Ma mère devait venir me chercher".
Elle ajoute, avec une pointe d'amertume : "Aujourd'hui encore, quand j'ai mes règles et que je demande discrètement une serviette hygiénique à une collègue, on se comporte comme si on s'échangeait de la drogue ! Cette prise en compte universitaire permet de sortir de cette culture du silence".
Un mouvement qui s'étend dans les universités françaises
L'université Paul-Valéry n'est pas pionnière dans cette démarche, mais s'inscrit dans un mouvement plus large. À Bordeaux, l'université Montaigne permet déjà aux étudiantes de s'absenter jusqu'à quinze jours par an pour troubles menstruels. À Clermont-Ferrand, la faculté a mis en place un crédit de dix jours similaire.
Ces initiatives témoignent d'une prise de conscience croissante au sein des établissements d'enseignement supérieur concernant l'impact des règles douloureuses sur la réussite universitaire et le bien-être des étudiantes.
Vers une normalisation nécessaire
Alors que le dispositif sera effectif dans quelques mois seulement, les discussions se poursuivent sur le campus montpelliérain. Certaines étudiantes estiment que dix jours ne suffisent pas pour celles qui souffrent de manière chronique, tandis que d'autres saluent avant tout la reconnaissance institutionnelle de leur souffrance.
Cette mesure concrète s'accompagne d'un changement culturel plus profond : la volonté de normaliser les discussions autour de la santé menstruelle et de créer un environnement universitaire plus inclusif et compréhensif.



