Une vaste étude épidémiologique publiée dans la revue The Lancet Planetary Health établit un lien significatif entre une consommation élevée de colorants alimentaires synthétiques et un risque accru de développer un diabète de type 2 ainsi que certains cancers. Les chercheurs ont analysé les données de plus de 100 000 participants suivis pendant une décennie.
Des résultats alarmants
Les résultats montrent que les personnes exposées aux doses les plus élevées de colorants présentent un risque 15 % plus élevé de diabète de type 2 et un risque 20 % plus élevé de cancers, notamment du sein, de la prostate et du côlon. Les colorants les plus incriminés sont le rouge Allura (E129), le jaune tartrazine (E102) et le bleu brillant (E133).
Mécanismes biologiques suspectés
Les scientifiques avancent plusieurs hypothèses pour expliquer ces associations. Les colorants pourraient provoquer un stress oxydatif, une inflammation chronique et perturber le microbiote intestinal. Des études in vitro ont également montré qu'ils peuvent endommager l'ADN des cellules.
Réactions des autorités sanitaires
L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a réagi en déclarant qu'elle allait réévaluer les risques de ces additifs. En Europe, les colorants alimentaires sont déjà soumis à des limites maximales, mais cette étude relance le débat sur leur autorisation. Des associations de consommateurs réclament un étiquetage plus clair et une réduction des doses autorisées.
Recommandations pour les consommateurs
En attendant d'éventuelles mesures réglementaires, les experts conseillent de limiter la consommation d'aliments ultra-transformés, souvent riches en colorants, et de privilégier une alimentation à base de produits frais. L'étude souligne que les enfants sont particulièrement vulnérables en raison de leur poids corporel plus faible et de leur consommation plus élevée de bonbons et de boissons colorées.
Cette recherche, menée par une équipe internationale, conforte les inquiétudes déjà exprimées par plusieurs études antérieures. Elle devrait inciter les pouvoirs publics à renforcer la réglementation sur les additifs alimentaires et à informer davantage le public sur les risques potentiels.



