Essai national sur la psilocybine contre l'alcoolisme coordonné par le CHU de Nîmes
CHU de Nîmes pilote un essai national sur la psilocybine

Le CHU de Nîmes pilote un essai clinique national de phase III sur l'utilisation de la psilocybine, une molécule psychédélique, dans le traitement de l'alcoolisme sévère associé à des symptômes dépressifs persistants. Après des résultats encourageants d'une première étude pilote menée par la psychiatre Amandine Luquiens, addictologue à l'hôpital du Grau-du-Roi (CHU de Nîmes), cet essai randomisé, multicentrique et en double aveugle implique huit centres hospitaliers universitaires français.

Un enjeu de santé publique majeur

L'alcoolisme est une maladie chronique avec un risque élevé de rechute de 40 à 60 % après une tentative d'arrêt de l'alcool. Ce taux grimpe à plus de 60 % chez les patients souffrant également de dépression. « À ce jour, les traitements disponibles présentent une efficacité modérée. La psilocybine a montré des résultats prometteurs, avec un mode d'action rapide qui contraste avec les antidépresseurs classiques », explique le CHU de Nîmes.

La psilocybine, présente dans les champignons hallucinogènes, est déjà étudiée à l'international : les États-Unis ont mené des recherches et l'Australie a légalisé son usage médical en 2023. L'essai pilote nîmois, lancé en février 2024, a inclus 30 patients et a montré une réduction des rechutes après sevrage.

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Détails de l'essai national

L'essai national, coordonné par le CHU de Nîmes, prévoit d'inclure 172 patients (86 par groupe) sur une période de 36 mois. Chaque participant sera suivi pendant 12 mois. La psilocybine sera administrée en complément d'un programme intensif de prévention de la rechute (soin habituel). Les patients vivront une session d'hallucination de plusieurs heures, très encadrée par l'équipe hospitalière.

« Notre hypothèse est que deux administrations orales de 25 mg de psilocybine, à trois semaines d'intervalle, seront plus efficaces que deux administrations de 3 mg, dans les mêmes conditions », détaille la psychiatre Amandine Luquiens. « Si l'efficacité de la psilocybine est confirmée, cela pourrait représenter une avancée significative pour une population de patients aujourd'hui insuffisamment prise en charge. »

Comment participer ?

Les personnes souffrant d'un trouble sévère de l'usage de l'alcool avec symptômes dépressifs persistants après sevrage peuvent se rapprocher de l'équipe investigatrice via le lien suivant : https://redcap.link/ERPPAD. L'essai est mené dans huit CHU français, dont celui de Nîmes, et vise à évaluer l'efficacité de la psilocybine dans la prévention des rechutes.

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