Le groupe EDF a annoncé le déblocage de 80 millions d'euros pour équiper les écoles françaises de solutions de rafraîchissement, face à la multiplication des épisodes de canicule. Cette enveloppe vise à financer l'installation de systèmes de climatisation ou de ventilation performants dans les établissements scolaires, afin de protéger la santé des élèves et du personnel enseignant.
Un investissement face à l'urgence climatique
Selon un communiqué d'EDF publié ce mercredi, ce plan d'investissement s'inscrit dans le cadre d'un partenariat avec le ministère de l'Éducation nationale. L'objectif est de répondre aux vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses en France. « Avec le dérèglement climatique, les canicules deviennent un enjeu majeur pour la santé publique, notamment dans les écoles où les enfants sont particulièrement vulnérables », a déclaré un porte-parole d'EDF.
Les 80 millions d'euros permettront d'équiper prioritairement les écoles situées dans les zones les plus exposées aux fortes chaleurs, notamment dans le sud de la France. Le groupe prévoit d'installer des pompes à chaleur réversibles, des brise-soleil et des systèmes de ventilation naturelle ou mécanique. Ces équipements devraient réduire la température intérieure de plusieurs degrés lors des pics de chaleur.
Un plan en plusieurs phases
Le déploiement se fera en deux phases : une première phase d'urgence pour les écoles les plus touchées dès cet été, puis une phase plus large sur les trois prochaines années. EDF estime que près de 10 000 établissements scolaires pourraient bénéficier de ces financements. Le coût moyen par école est évalué à 8 000 euros, mais peut varier en fonction des besoins spécifiques.
Ce plan s'ajoute aux mesures déjà mises en place par le gouvernement, comme la possibilité de fermer les écoles en cas de canicule extrême. Cependant, l'exécutif privilégie une approche préventive pour maintenir la continuité pédagogique. « Il ne s'agit pas seulement de climatiser, mais de repenser les bâtiments pour qu'ils soient adaptés au climat de demain », a ajouté le porte-parole.
Des critiques sur l'impact environnemental
Cette annonce suscite toutefois des critiques de la part d'associations environnementales, qui dénoncent l'utilisation de la climatisation, énergivore et émettant des gaz à effet de serre. Selon Réseau Action Climat, « la priorité devrait être donnée à l'isolation thermique et à la végétalisation des cours d'école plutôt qu'à des solutions techniques coûteuses ». EDF se défend en affirmant que les systèmes installés seront à haute efficacité énergétique et alimentés par une électricité décarbonée, issue de son parc nucléaire et renouvelable.
Le groupe précise que les solutions de rafraîchissement seront couplées à des audits énergétiques pour améliorer la performance globale des bâtiments. Un tiers des écoles françaises datent d'avant 1975 et sont mal isolées, ce qui aggrave l'inconfort thermique.
Un enjeu de santé publique
Les épisodes caniculaires ont déjà provoqué des décès en France, notamment chez les personnes âgées et les enfants. En 2023, une étude de Santé publique France a montré que les écoles étaient des lieux où la chaleur pouvait devenir dangereuse, avec des températures dépassant 35°C dans certaines classes. EDF espère que cet investissement permettra de réduire les risques sanitaires et d'améliorer les conditions d'apprentissage.
Le ministre de l'Éducation nationale a salué cette initiative, soulignant qu'elle « répond à une urgence concrète pour des millions d'élèves ». Les premiers travaux devraient débuter dès le mois de juillet dans les académies les plus concernées, comme celle de Nice, Marseille ou Montpellier.



