Lancement d'un programme de dépistage précoce du cancer du poumon
Vingt mille personnes vont bénéficier de scanners thoraciques, d'un suivi et, si nécessaire, d'une prise en charge médicale dans le cadre d'un programme pilote de dépistage précoce du cancer du poumon lancé ce lundi 18 mai, a annoncé le ministère de la Santé. Ce cancer, causé dans environ huit cas sur dix par le tabac, reste la tumeur maligne la plus fatale en France, avec 30 900 décès pour 53 000 cas chaque année. Il se stabilise chez les hommes mais progresse fortement chez les femmes, entrées plus tardivement dans le tabagisme. Un dépistage précoce du cancer du poumon, au stade où la chirurgie curative ou un traitement sont efficaces, pourrait éviter quelque 13 000 décès en cinq ans, selon une étude publiée dans la revue de recherche médicale The Lancet.
Qui est concerné par ce dépistage ?
Vingt mille personnes vont pouvoir se faire dépister gratuitement : il s'agit des fumeurs ou ex-fumeurs ayant arrêté de fumer il y a moins de 15 ans et âgés de 50 à 74 ans. Les professionnels de santé de ces régions (généralistes, tabacologues, infirmières…) sont appelés à identifier, parmi leurs patients, ces profils spécifiques pour les orienter vers un médecin investigateur, habilité à vérifier l'éligibilité des personnes et à les inscrire au programme, a précisé le ministère. Mais tout patient volontaire peut contacter directement le centre d'appel national au 34 33 ou se connecter sur le site du programme depistage-cancer-poumon.fr. Il répondra alors à un questionnaire, préalable à une consultation.
Dans quelle région est-il possible de se faire dépister ?
Le programme de recherche Impulsion démarre dans cinq régions : l'Île-de-France, les Hauts-de-France, les Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes. Dans chaque région, cinq à quinze centres de radiologie habilités à réaliser des scanners thoraciques dans ce cadre ouvriront progressivement. D'après le ministre de la Santé, le programme a vocation à être étendu à d'autres régions. L'objectif de ces tests dans les premières régions est de déterminer les contours d'un futur programme national.
Comment cela fonctionne-t-il ?
Les fumeurs ou ex-fumeurs inclus bénéficieront d'un scanner à faible dose remboursé à 100 % par l'Assurance Maladie. Si celui-ci ne révèle pas d'anomalie, un deuxième sera réalisé un an plus tard, puis tous les deux ans. Si une anomalie est détectée, un nouvel examen sera réalisé dans un délai de 1, 3 ou 6 mois – sachant que la majorité de ces anomalies s'avéreront négatives, selon le ministère. Et lorsque des examens approfondis révéleront un cancer du poumon, la personne sera orientée vers une équipe spécialisée en oncologie thoracique pour une prise en soins incluant un soutien psychologique.



