Burn-out des médecins : un expert répond « qui soigne les soignants ? »
Burn-out des médecins : un expert répond aux soignants

Le docteur Fabrice Lakdja, expert reconnu, répondra à la question cruciale « qui soigne les soignants ? » ce jeudi 21 mai à Marmande, lors d'une conférence organisée par Dea Dia à Cesame. Retraité mais toujours actif, il consulte encore au sein de l’unité d’évaluation et de traitement de l’anxiété et du stress du Bouscat (33). Parmi ses patients, le psychothérapeute compte des médecins de diverses spécialités et viendra témoigner de leur épuisement professionnel.

Qu’est-ce qui vous a poussé à étudier le burn-out des médecins ?

« J’en ai fait moi-même un à la fin des années 1980 quand je pratiquais. J’ai développé tous les signes, et j’ai vu mes confrères confrontés à une perte de sens de leur activité. En fait, le burn-out est quelque chose de très sournois et qui mérite d’être traité rapidement », explique Fabrice Lakdja.

Depuis le début de vos recherches, il y a plus de trente ans, le burn-out a-t-il évolué ?

« La différence, c’est surtout que les soignants en parlent davantage. Avant, ils avaient horreur d’être malades et je les voyais de manière informelle dans leur cabinet. Désormais, ce sont des pédopsychiatres, généralistes, radiologues ou anesthésistes qui viennent en consultation. Comme j’ai exercé, j’arrive à mieux comprendre leur mal-être. Ce n’est pas qu’une question de surcharge de travail. Je me souviens qu’avant, il existait une sorte de vocation dans le secteur et les relations avec les patients étaient affectives ou amicales. »

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Plusieurs facteurs expliquent ces épuisements professionnels : d’une part, la lourdeur administrative, d’autre part, les patients remettent en cause les compétences des médecins sur certaines prescriptions ou diagnostics. Souvent, les médecins ont aussi du mal à séparer vie professionnelle et vie privée, comme dans beaucoup de professions, et compensent avec des addictions. À cela s’ajoute l’usure de la compassion : les soignants souffrent avec les patients. « J’ai un collègue, par exemple, en cancérologie qui pleure avec ses patients. Face à tous ces phénomènes, certains changent de voie au bout de 3 ou 4 ans », ajoute-t-il.

Vous venez aussi de sortir un livre aux éditions Maïa, intitulé « Éloge de la glandouille »… Est-ce vraiment la solution ?

« Les gens en burn-out ont honte d’être en arrêt de leur activité professionnelle. Mais il faut savoir que de tout temps, il a existé des “épuisés”. J’ai écrit ce livre de manière humoristique pour dire qu’il est bénéfique de “glander”, mais sans paresser. Il s’agit plutôt de s’accorder du temps pour faire des choses qui nous plaisent, et non pour plaire aux autres. De manière plus globale, le burn-out n’est pas une maladie, et en faire un ne signifie pas que l’on est faible. En revanche, dès les premiers signes (angoisses à l’évocation du travail, distance avec les patients et collègues, doute sur le sens du travail…), il faut s’en occuper car le stress chronique a une incidence sur notre immunité. »

Conférence « Quand Hippocrate s’épuise », jeudi 21 mai à 18 h 30, salle Clara à Cesame. Entrée libre.

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