Lait infantile contaminé : le bébé d'Isola 2000 se rétablit progressivement
Ange, aujourd'hui âgé de 7 mois, a été gravement intoxiqué en décembre dernier après avoir consommé du lait infantile GuigozGest du groupe Nestlé. Sa mère, Léa Binet, 31 ans, résidant à Isola 2000, raconte l'éprouvante épreuve traversée par son nourrisson et sa décision de rejoindre l'action collective lancée par le collectif Intox'Alim.
Des symptômes alarmants après chaque biberon
Léa Binet avait acheté ce lait spécifique pour faciliter la digestion de son fils, né quatre mois plus tôt. « Pendant un moment, il allait mieux », explique-t-elle. Mais rapidement, des symptômes inquiétants sont apparus : diarrhées persistantes, vomissements, et une fièvre atteignant 40°C. « À force, il avait les fesses toutes brûlées, cloquées. C'était atroce », se souvient la jeune maman, visiblement encore émue.
La situation s'est aggravée malgré l'administration de solutés de réhydratation. Léa a constaté que les symptômes survenaient systématiquement juste après les biberons. En consultant les réseaux sociaux, elle a découvert des rappels de produits et a réalisé que la boîte qu'elle utilisait faisait partie des lots concernés.
Un rétablissement lent mais tangible
L'état d'Ange a mis plusieurs semaines à s'améliorer. « Il va mieux depuis fin janvier », confie Léa Binet ce mardi, avec un soulagement palpable. La famille a néanmoins pris des mesures supplémentaires : ils ont porté plainte à la gendarmerie et ont programmé des examens médicaux approfondis à l'hôpital Lenval dans les prochains jours.
Rejoindre le combat collectif contre les industriels
La mère d'Ange ne souhaite pas en rester là. Elle s'est officiellement jointe à la procédure judiciaire lancée par 24 familles membres du collectif Intox'Alim. Ces familles ont saisi le tribunal judiciaire de Paris contre l'État et les industriels pour plusieurs chefs d'accusation :
- Mise en danger délibérée
- Maintien de denrées dangereuses sur le marché
- Blessures involontaires
- Entrave à la manifestation de la vérité
Une mission parlementaire pour éclaircir les responsabilités
Léa Binet se dit encouragée par la mission flash lancée ce mardi par l'Assemblée nationale, qui vise à évaluer « la responsabilité des multinationales » et la « stratégie de l'État » dans cette affaire. Les conclusions de cette enquête parlementaire seront rendues en juin prochain. « C'est une très bonne chose », estime-t-elle, tout en restant prudente sur les résultats concrets qui en découleront.
Des inquiétudes persistantes sur la sécurité alimentaire
Ce qui préoccupe particulièrement la jeune restauratrice, c'est que « certains lots ont rendu des bébés malades alors qu'ils ne faisaient pas partie de la liste des rappels ». Elle s'interroge avec gravité : « Comment ce genre de choses peut encore arriver en France ? Je suis restauratrice et quand je vois toutes les mesures d'hygiène qui sont obligatoires à mon petit niveau, je n'arrive pas à comprendre que des entreprises qui ont dix fois ce budget ne puissent pas empêcher ça. »
Son témoignage rejoint celui de nombreuses autres familles touchées par ce scandale sanitaire, qui continuent de réclamer transparence et responsabilité de la part des autorités et des industriels du secteur alimentaire.



