Journée blanche historique des ambulanciers privés le 8 avril
Le secteur des ambulances privées en France se prépare à un arrêt massif le mercredi 8 avril 2026. La Chambre Nationale des Services d'Ambulances (CNSA), premier syndicat représentatif de la profession, lance un appel à une « journée blanche » nationale avec grève et manifestations. Cette mobilisation sans précédent vise à alerter les pouvoirs publics sur le risque « d'effondrement » imminent de la filière, fragilisée par une crise financière profonde et une multiplication inquiétante des défaillances d'entreprises.
Un manque de financement critique de 300 millions d'euros
Selon la CNSA, le secteur souffre d'un déficit de financement estimé à 300 millions d'euros, principalement dû à des coûts non compensés par l'Assurance maladie. Le syndicat détaille cette situation alarmante :
- Plus de la moitié de ce manque concerne l'urgence pré-hospitalière, lorsque le Samu sollicite une ambulance privée.
- 130 millions d'euros de charges supplémentaires liées au personnel, aux temps d'attente non rémunérés et à l'inflation.
- 40 millions d'euros de surcoût directement attribuable à la hausse du prix des carburants.
« Partout en France, les entreprises d'ambulances opèrent à perte, les défaillances se multiplient et les fermetures s'enchaînent », déplore la CNSA dans un communiqué. Les chiffres sont éloquents : en 2025, le nombre de faillites a triplé, atteignant 147 entreprises, selon un rapport du cabinet de conseil Rydge cité par le syndicat.
Des perturbations ciblées et des actions symboliques
La journée du 8 avril sera marquée par des arrêts de travail organisés de 9 heures à 20 heures. La CNSA précise que seules les missions liées à l'urgence vitale seront maintenues. En revanche, les trajets programmés, tels que les retours d'hospitalisation ou les sorties des services d'urgence, pourront être annulés. Les patients concernés seront « informés en amont » dans la mesure du possible.
Parallèlement à ces interruptions de service, des actions symboliques sont prévues sur tout le territoire :
- Opérations escargot pour ralentir la circulation.
- Sorties de brancards dans l'espace public.
- Rassemblements de véhicules ambulanciers pour une visibilité maximale.
Ces manifestations visent à illustrer l'importance cruciale des ambulanciers privés, qui réalisent chaque année 3 millions d'interventions urgentes (soit 40 à 50% des admissions hospitalières en urgence) et assurent 32 millions de missions de transports sanitaires programmés.
Des revendications urgentes pour sauver la profession
Face à cette situation critique, la CNSA formule plusieurs demandes prioritaires aux autorités :
- Le déblocage immédiat de fonds d'urgence pour éviter une cascade de faillites.
- L'ouverture de négociations avec l'Assurance maladie pour établir un modèle économique soutenable.
- Le respect strict des délais de paiement des marchés publics, certains hôpitaux pouvant mettre jusqu'à un an à régler leurs factures, asphyxiant ainsi la trésorerie des entreprises.
Le syndicat met en garde contre une « raréfaction progressive des ambulanciers sur le terrain », qui menacerait directement la continuité des soins et l'accès aux urgences pour des millions de patients. Bien que les ambulanciers en grève puissent être réquisitionnés pour les missions vitales, la CNSA souligne que pour les transports programmés, « c'est plus compliqué techniquement à mettre en œuvre », laissant présager des perturbations significatives dans l'organisation des soins ce jour-là.



