La saison des allergies au pollen s'ouvre avec une alerte précoce dans le Sud
La saison est officiellement ouverte. Pas celle des baignades ou des terrasses ensoleillées, mais bien celle des allergies au pollen qui frappe déjà de plein fouet certaines régions françaises. Nez bouché, éternuements incessants, yeux qui démangent et gorge irritée : ces symptômes familiers du "rhume des foins" affectent désormais 30% des adultes et 20% des enfants de plus de 9 ans selon les dernières données de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses).
Une alerte rouge lancée en Provence-Alpes-Côte d'Azur
Dans le sud de la France, l'observatoire AtmoSud a tiré la sonnette d'alarme dès la fin février. Le risque pollinique s'annonce "élevé voire très élevé" sur l'ensemble de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec des pics particulièrement marqués à Nice, Toulon, Avignon et Marseille. "Le lancement de la saison pollinique dépend essentiellement des conditions météorologiques", explique Damien Piga, responsable des relations extérieures chez AtmoSud. "Après des semaines de pluies importantes, l'arrêt des précipitations et les températures douces actuelles ont provoqué le réveil brutal de la végétation."
Cyprès et aulnes : les principaux responsables
Les pollens de cyprès et d'aulnes sont actuellement les principaux déclencheurs d'allergies dans la région. "En Région Sud, trois quarts des allergiques au pollen sont spécifiquement sensibles au cyprès", précise Damien Piga. La forte présence de cet arbre sur le bassin méditerranéen explique l'intensité locale du phénomène. L'aulne, quant à lui, est plus largement répandu sur l'ensemble du territoire national et constitue ce que les spécialistes appellent le "niveau de fond" pollinique.
Si cette alerte peut sembler précoce, elle s'inscrit néanmoins dans un calendrier habituel selon les experts. "D'une année à l'autre, les dates peuvent varier de quelques semaines en fonction des conditions météorologiques, mais nous entrons bel et bien dans la période classique des pollens de cyprès", analyse Damien Piga. Même dans le département de la Creuse, loin de la Méditerranée, la floraison des plantes contribue à faire grimper les seuils d'alerte selon les données d'AtmoFrance.
Des semaines difficiles en perspective pour les allergiques
Pour les millions de personnes concernées, les prochaines semaines s'annoncent particulièrement éprouvantes. "Tant que le beau temps persistera, nous resterons dans cette situation délicate", prévient le responsable d'AtmoSud. Il tempère cependant ce pronostic en rappelant que "le cyprès ne produit pas du pollen durant des mois et des mois". À Marseille, par exemple, les cyprès laisseront progressivement place aux graminées fin mars, puis aux chênes avec l'installation durable du printemps.
Les recommandations essentielles pour se protéger
Face à cette situation, AtmoSud relaie les consignes de l'Agence régionale de santé et appelle à la plus grande vigilance. Pour limiter l'impact sur la santé, plusieurs mesures sont recommandées :
- Suivre rigoureusement son traitement médical prescrit par un professionnel de santé
- Éviter au maximum l'exposition aux pollens en limitant les activités en extérieur lors des pics polliniques
- Maintenir une bonne qualité de l'air intérieur en évitant les sources de pollution supplémentaires
- Privilégier l'aération des logements tôt le matin ou tard le soir, lorsque la concentration pollinique dans l'air est la plus faible
Ces précautions sont d'autant plus importantes que la pollution atmosphérique, combinée aux pollens, peut exacerber les symptômes allergiques et affecter durablement la qualité de vie des personnes sensibles. La saison pollinique 2024 s'annonce donc particulièrement intense dans le sud de la France, nécessitant une adaptation des habitudes pour des millions de Français.



