Course landaise : la Fédération française en crise financière malgré la résistance culturelle
Course landaise : la FFCL en crise financière persistante

Course landaise : un modèle économique fragile malgré la résistance culturelle

Comme depuis plusieurs années, la Fédération française de la course landaise (FFCL) a clôturé l'exercice 2025 avec un déficit significatif. Le bilan financier révèle un trou de 40 974 euros, légèrement plus important que celui de 2024 qui s'élevait à 40 375 euros. Cette situation contraint l'organisation à puiser dans ses réserves de trésorerie, mettant en lumière les fragilités structurelles de cette tradition gasconne.

Une assemblée générale sous tension

La 74e assemblée générale de la FFCL, tenue ce samedi 14 février 2026 dans la salle des fêtes de Gamarde-les-Bains, a rassemblé les principaux acteurs du milieu. Membres des comités et clubs organisateurs, ganadères et élus locaux, dont la sénatrice des Landes Monique Lubin, le député Boris Vallaud, le vice-président départemental Henri Bedat et le conseiller régional Julien Bazus, ont assisté à un état des lieux préoccupant.

Le président Patrice Larrosa a dressé un tableau contrasté lors de son discours introductif : « Si notre course landaise sait se montrer forte et solide comme un auroch, elle est aussi trop souvent bousculée, malmenée par une époque où tout doit aller plus vite et par une société en mutation. Ici en Gascogne, on a appris à résister. »

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Menaces multiples sur l'écosystème coursayre

Plusieurs défis pèsent sur l'avenir de la discipline :

  • La question des délégations ministérielles : En décembre 2025, le ministère des Sports a envisagé de ne plus attribuer de délégation aux fédérations exerçant sur un territoire de trop faible superficie, menaçant directement l'organisation des championnats de France de course landaise. Heureusement, après des discussions intensives, la délégation a finalement été renouvelée pour quatre ans.
  • Le dossier Urssaf : Un bras de fer judiciaire qui s'éternise, avec une plaidoirie repoussée de janvier à avril 2026 en raison de manque de personnel au tribunal.
  • Les menaces sanitaires : Bien que le président Larrosa évite le terme « dermatose nodulaire contagieuse », il évoque le succès des campagnes de prophylaxie contre « une simple petite mouche capable de menacer des centaines de coursières ».

La polémique du championnat des vaches sans corde

Le rapport moral a soigneusement évité de mentionner la controverse de l'année précédente concernant le championnat des vaches sans corde. Traditionnellement organisé à Vieux-Boucau, cette commune ayant interdit les corridas en 2025, l'événement a été déplacé à Mimizan pour 2026. « C'est dommage, mais c'était une forte demande du monde coursayre, en solidarité avec le milieu taurin, que nous ne pouvions éluder », a expliqué Patrice Larrosa.

Le cœur du problème : fréquentation en baisse et modèle économique fragile

Le président a pointé du doigt les véritables difficultés : « Notre modèle économique s'avère réellement fragile, avec des subventions qui stagnent, un partenariat qui peine à retrouver un nouveau souffle, un public qui manque certains grands rendez-vous... »

Les chiffres parlent d'eux-mêmes :

  • L'événement Art et courage a enregistré une perte de 9 862,39 euros en 2025, contre un bénéfice de 4 287,54 euros en 2023.
  • Le championnat de France a généré 21 475,36 euros de bénéfice en 2025, en baisse par rapport aux 27 658,78 euros de 2024.
  • Seul le championnat des vaches sans corde présente des résultats positifs avec 19 905,33 euros de bénéfice en 2025, contre seulement 4 237,44 euros l'année précédente.

Patrice Larrosa a souligné : « C'est un déficit structurel qu'il faut résorber, car il n'est pas tenable sur le long terme. Nous en avons pour cinq ou six ans seulement avant de ne plus pouvoir rien faire. »

Mesures correctives et perspectives incertaines

Face à cette situation, la trésorière Paulette Saint-Germain a annoncé plusieurs mesures :

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  1. Suspension pour 2026 du championnat des promotions, jugé déficitaire.
  2. Augmentation de 3% des tarifs des licences, affiliations et abonnements à partir de 2027.
  3. Prévision d'un budget déficitaire de 30 000 euros pour l'année en cours.

Malgré ces difficultés financières, l'agrément de la FFCL a été renouvelé pour huit ans en 2025, offrant une certaine stabilité administrative. Les coursayres se préparent maintenant pour la temporada 2026, qui débutera ce dimanche 15 février à Horsarrieu, déterminés à préserver leur tradition face aux multiples défis économiques et sociétaux.