Aurélie Génolher, maire de Massillargues-Atuech : une vie d'engagements multiples au service de la ruralité
Aurélie Génolher, maire engagée dans la ruralité cévenole

Aurélie Génolher, une figure polyvalente au cœur de la ruralité cévenole

À Massillargues-Atuech, dans le piémont cévenol, Aurélie Génolher incarne l'engagement rural sous toutes ses formes. Maire depuis 2008, viticultrice en agriculture biologique, mère solo de trois enfants, vice-présidente d'Alès Agglomération et conseillère régionale, elle mène une vie bien remplie où chaque rôle s'imbrique avec les autres. "Tout est imbriqué, c'est vrai, et il ne faut pas qu'une brique tombe !", confie-t-elle avec un sourire, évoquant son équilibre précaire entre responsabilités familiales, professionnelles et électives.

Une journée type entre gestion municipale et vie de famille

La journée commence tôt pour Aurélie Génolher. À 9 heures, elle doit résoudre un problème d'inondation dans la zone d'activités de la commune, où une flaque d'eau bloque l'accès des entreprises. Sur place, elle évalue les travaux nécessaires avec son adjoint aux travaux, Alain Paulet, et Romain Huot, chef d'entreprise local. Le coût estimé s'approche des 18 000 euros, un défi financier pour cette petite commune de 672 habitants. Avant cela, elle a géré les départs scolaires de ses enfants, rappelant que "quand je suis avec mes enfants, je suis 100 % avec eux".

Les défis de la gestion communale et de l'environnement

Les ordures ménagères deviennent rapidement un sujet brûlant. Mal triées par les habitants, elles sont refusées par Alès Agglomération, créant un "problème sans fin" selon l'adjoint Alain Paulet. Aurélie Génolher, ancienne adhérente EELV, plaide pour des solutions d'économie circulaire, comme la réutilisation locale des déchets du BTP, mais se heurte à des résistances institutionnelles. Elle n'a pas réussi à faire classer sa zone d'activités comme zone communautaire, limitant ainsi les moyens disponibles.

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Viticultrice bio face aux défis climatiques

À 10 h 30, Aurélie Génolher endosse sa casquette de viticultrice pour l'assemblée générale des Vignerons de Tornac. Cultivant 22 hectares en bio, elle confronte des perspectives sombres : déconsommation, dérèglement climatique, et la vulnérabilité du cépage viognier aux fortes chaleurs. "Je me pose des questions sur la diversification, comme tout le monde", avoue-t-elle, évoquant un intérêt pour les pistachiers, malgré l'absence de filière structurée. La coopération reste une valeur clé, avec des événements comme Les vignes réboussières pour dynamiser le secteur.

Héritage politique et engagement continu

L'engagement politique d'Aurélie Génolher puise ses racines dans son histoire familiale. Son grand-père, Franck Génolher, dit Franou, fut premier adjoint pendant 36 ans dans une commune alors fief communiste. Elle a grandi dans un milieu où la politique se discutait ouvertement, une éducation qu'elle transmet à ses enfants. À 48 ans, elle se représente pour un quatrième mandat, sans opposition, soutenue par ses proches et une équipe municipale fidèle.

Accompagner les projets locaux et gérer les crises

L'après-midi est consacrée à des rendez-vous variés : signature d'un bail emphytéotique avec le Conservatoire des espaces naturels pour préserver un plan d'eau, gestion d'un conflit à la cantine scolaire, et accompagnement de projets comme le petit restaurant de Sim, installé au bord d'un rond-point. "Accompagner des projets, c'est aussi ce qui est intéressant quand on est maire", souligne-t-elle. Mais le mandat n'est pas sans épreuves : le meurtre d'un habitant en 2017 reste un moment douloureux, où elle a découvert "qu'on ne sait pas ce qui passe à l'intérieur des maisons".

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Une aventure humaine et des satisfactions partagées

Malgré les défis, Aurélie Génolher trouve de la satisfaction dans des réalisations comme l'inauguration d'un parc intergénérationnel en présence de la présidente de Région Carole Delga. Elle maintient une proximité avec ses administrés, répondant aux appels directs et encourageant les retours positifs. Son équipe municipale, avec 15 conseillers, se réunit chaque lundi soir, créant une dynamique collective essentielle. Alain Paulet résume : "Il faut des élus engagés pour faire bouger les lignes", une maxime qui guide cette maire infatigable dans son quotidien bien rempli.