Les Nouveaux An du monde : quand le 1er janvier n'est pas la norme
Dans le monde entier, le jour de l'An, Nouvel An ou premier de l'An est le premier jour de l'année. On le célèbre généralement partout dignement, mais pas toujours à la même date. Dans les pays de la zone occidentale, régie par le calendrier solaire grégorien, pas de surprise, il tombe toujours le premier janvier. Mais, comme toute date anniversaire dans un calendrier donné, dans un autre calendrier fonctionnant suivant une autre logique, il peut tomber un autre jour. Ce qui fait qu'en se débrouillant bien, à condition d'aimer voyager, on peut arriver à fêter le nouvel an toute l'année, ou presque !
Nouvel an chinois : entre janvier et février
La date du nouvel an chinois, inscrit dans un calendrier luni-solaire, correspond dans le calendrier grégorien à une date comprise entre le 21 janvier et le 20 février. Cette année, il tombe le 17 février 2026 et ouvre une année placée sous le signe du Cheval de Feu. Au programme, donc, beaucoup d'imprévus, des opportunités surprenantes, mais aussi de beaux revirements de situations ! En 2026, deux signes seront particulièrement chanceux d'après l'horoscope chinois : les natifs du Tigre (1938, 1950, 1962, 1974, 1986, 1998 et 2010), du Chien (1934, 1946, 1958, 1970, 1982, 1994, 2006, 2018) et, évidemment, du Cheval (1930, 1942, 1954, 1966, 1978, 1990, 2002, 2014) ont tout intérêt à jouer au loto !
Cette célébration est en fait honorée dans plusieurs pays d'Asie et pendant plusieurs jours. En Corée, le jour de l'An s'appelle Saehae, Seollal ou Seol-nal et les Coréens mangent la soupe de tteok (tteokgook). On l'appelle également Fête du Printemps ou encore Fête du Têt au Viêtnam. Entre autres traditions, pour célébrer ce nouveau cycle lunaire, qui intervient après le solstice d'hiver, en Chine, on écrit et on lance ses vœux dans un « arbre à vœux ». Il faut alors que ce papier tienne toute la soirée pour que le vœu se réalise. Le Nouvel An chinois est aussi célébré par de spectaculaires feux d'artifice, des explosions de pétards et des défilés hauts en couleurs.
Le 1er janvier en Inde et au Japon
Un certain nombre de pays d'Asie célèbrent toutefois, comme les Occidentaux, le Nouvel An le 1er janvier. C'est le cas de la majeure partie de l'Inde. Toutefois, historiquement, cette fête était célébrée dans ce vaste pays selon le calendrier lunaire, à différentes dates situées au printemps, selon les ethnies et aujourd'hui encore, entre fin mars et début avril, les États du Maharashtra, du Madhya Pradesh et de Goa célèbrent Gudi Padwa.
Depuis qu'il a adopté le calendrier grégorien en 1873, le Japon fête le Nouvel An le 1er janvier. Au Pays du soleil levant, le réveillon (Ōmisoka) se passe en général en famille, autour d'un copieux repas arrosé de saké. On y boit une soupe (miso) spéciale. Avant minuit, la famille part pour le temple le plus proche pour partager du saké et assister à la frappe des 108 coups de gong annonçant le passage à la nouvelle année. Ce chiffre est censé représenter le nombre de péchés accumulés dans une âme tout au long de l'année, et par ce geste, on chasse les péchés un à un des âmes impures. Le lendemain, le jour du jour de l'An, les Japonais se rendent dans les temples shinto. Il est d'usage de visiter ses relations et d'offrir des gâteaux de riz, les délicieux mochis.
Nouvel an berbère, le 13 janvier
Le Nouvel an amazigh (berbère) est fêté chaque année le 13 janvier au Maroc, le pays qui compte le plus de Berbères au Maghreb. En 2013, le roi Mohammed VI a décidé d'instaurer le Jour de l'an amazigh jour férié national officiel payé. Un pas de plus pour la reconnaissance berbère. La langue amazighe a été reconnue en 2011 comme langue officielle, au côté de l'arabe, dans la Constitution, après des décennies de lutte des militants de cette cause.
En Mongolie et au Tibet, une date voisine du Nouvel An chinois
Le jour de l'An était célébré jusqu'à la fin du XIIIe siècle à la fin de l'été, lors de la reprise de la lactation des troupeaux. Désormais, la date de la fête du jour de l'An lunaire, Tsagaan Sar (« mois blanc »), est fixée tous les ans par les moines bouddhistes du monastère de Gandan et elle tombe parfois le même jour que le Nouvel An chinois. Cette année, il a lieu le 18 février 2026. La nuit précédant le jour du Tsagaan Sar s'appelle Bituun, le nom mongol de la nouvelle lune (la phase lunaire correspondant au moment où la lune est noire). On peut y voir un symbolisme de renaissance, la « renaissance » de la lune nouvelle évoquant la naissance de la nouvelle année. Des offrandes rituelles sont faites au matin du Tsagaan Sar, juste à l'extérieur de la yourte, et auprès des ovoos. L'événement est célébré en famille : grands repas familiaux, chants et danses. La tradition veut que l'on débarrasse la maison des saletés pour commencer l'année en beauté. Tous les Mongols rendent visite à leur famille et à leurs amis pour présenter leurs vœux, c'est une période pendant laquelle tout le monde se déplace beaucoup.
Le Losar, le premier jour de l'An tibétain, coïncide avec le premier jour de la nouvelle année lunaire. La date qui célèbre l'intronisation du premier roi tibétain change chaque année. Choisie conformément à l'astrologie tibétaine, elle est souvent voisine du Nouvel An chinois. Cette année, elle tombe le 18 février 2026. Elle est célébrée durant deux semaines, rythmée par des cérémonies anciennes qui mettent en scène la lutte entre le bien et le mal : chants, défilé de torches à travers la foule. Des spectacles plus légers, tels la danse du cerf ou d'amusantes histoires mettant en scène des conflits entre le roi et ses différents ministres, sont également au programme. La fête du Losar fait la part belle aux chants et à la danse, dans un esprit de grande convivialité. Premier jour de l'an 2153 du calendrier vajrayana qui débute en -127, date de l'intronisation du premier roi tibétain.
Au printemps, au Cambodge, au Laos, en Thaïlande et en Iran
Le nouvel an perse, « norouz » (littéralement « jour nouveau »), est célébré en Iran et par d'autres peuples iraniens et turcs, le jour de l'équinoxe de printemps qui tombe le 20 mars en 2026. Fête plurimillénaire, elle trouve ses racines dans le zoroastrisme et a survécu à la conquête musulmane de la Perse.
Au Cambodge, le Nouvel An Khmer, dénommé Chaul Chhnam, est fêté pendant trois jours, du 14 au 16 avril, à peu près à la même date qu'en Thaïlande et au Laos. Dans ces deux pays, le jour de l'An, dénommé Songkran, est également fêté pendant trois jours ou plus, vers le 15 avril, suivant le calendrier lunaire bouddhique.
Le Nouvel An musulman, en juin cette année
Les musulmans ont leur propre Nouvel An, appelé Ras-El-Am El Hijri, qui a lieu au début du mois de Mouharram, le premier mois du calendrier hégirien, marqué par l'exil du prophète Mohammed vers Médine, en 622. Le calendrier islamique ne compte que 354 ou 355 jours par an, étant basé sur la lune. Par conséquent, la date du Nouvel An islamique se déplace de 10 à 12 jours sur le calendrier grégorien, qui contient 365 jours. Cette année, il aura lieu le 16 juin.
Le Nouvel An juif, en octobre cette année
Dans le calendrier hébraïque, le « commencement des années civiles » inaugure une période de dix jours de pénitence dans l'attente du grand pardon accordé aux repentants (Yom Kippour). Elle est fêtée, en terre d'Israël comme en diaspora, les deux premiers jours du mois de tishri qui tombe, selon les années, en septembre ou en octobre dans le calendrier grégorien. En 2026, la fête de Roch Hachana – le Nouvel An juif – commence au coucher du soleil du 11 septembre 2026 et s'achève à la tombée de la nuit le mercredi 13 septembre 2026. Roch Hachana se caractérise par de nombreux offices religieux dans les synagogues, où les fidèles sont appelés en nombre au moyen d'une corne de bélier (le chophar). Les deux jours de festivités sont généralement chômés par les croyants, qui partagent des repas riches en famille avant une période plus austère. Le miel, les figues, les dates, les pommes ou encore les courges font partie des aliments rituels de ces repas de fête. Une série de prières très stricte (les Séli'hot) doit aussi être suivie. Une prière (Tachlikh) est notamment très importante lors de ce Nouvel An : elle est prononcée près d'un point d'eau où sont censés, en théorie, nager des poissons. Les juifs doivent selon la tradition y vider leurs poches ou en sortir un mouchoir pour « vider leurs péchés ».



