Jeunes catholiques de Monaco : une foi apaisante et collective avant la visite du pape Léon XIV
Jeunes catholiques de Monaco : une foi apaisante avant le pape

Jeunes catholiques de Monaco : une foi vécue collectivement et sereinement

Faire comprendre sa foi n'a rien d'évident, surtout pour les jeunes. Entre regards des autres, sentiment d'isolement et besoin d'appartenance, des catholiques monégasques racontent comment ils vivent leur spiritualité en Principauté, à la veille de la venue du pape Léon XIV ce samedi 28 mars 2026.

Une jeunesse catholique discrète mais bien présente

« J'avais le cliché qu'il n'y avait que les vieux qui allaient à l'église », se souvient Anastasia, 15 ans, sortant de la paroisse Saint-Nicolas. En effet, dans les messes des six paroisses monégasques, les fidèles de moins de 30 ans ne sont pas toujours visibles. Virginia, 19 ans, qui consulte la programmation de la visite papale après son moment quotidien à l'église du Sacré-Cœur, remarque : « Je pense qu'il y a beaucoup de jeunes catholiques à Monaco, mais on les voit très peu pratiquer ». Ses parents lui ont transmis sa religion avec soin.

Les chiffres du diocèse de Monaco confirment cette réalité : sur 28 817 catholiques monégasques, près d'un quart a moins de 24 ans. Une jeunesse bien réelle, souvent invisible, sauf lors de rassemblements.

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L'association FAR, un refuge communautaire

L'association FAR (Foi action rayonnement) sert de vivier à cette jeunesse. Nathanaël, 17 ans, y a littéralement grandi : « Mes parents se sont rencontrés au FAR. Donc je suis né dedans, dans l'esprit de l'organisme », explique-t-il avec un sourire tranquille. « C'est ce qui m'a donné l'impression de vivre ma foi. La vie en communauté, ça m'apporte un refuge énorme. »

À ses côtés, Enzo, 25 ans, scaphandrier, acquiesce : « La religion nous permet de nous sentir inclus dans un groupe. C'est ce que l'on vit ici au FAR, où l'objectif principal est la transmission par le jeu ». Il ajoute, plus intimement : « La foi me canalise et me permet de me rendre utile. »

Sarah, juriste de 26 ans, complète doucement : « Les jeunes cherchent tous une vocation. Nous, on a choisi la religion. » Elle marque une pause avant de confier : « Je suis quelqu'un d'assez stressée. La foi m'a beaucoup apaisée. Elle m'aide à être de plus en plus heureuse. »

Les défis de croire jeune

Croire à 20 ans n'est pas toujours simple. Sarah reconnaît : « J'arrive de mieux en mieux à parler de ma religion autour de moi. Quand on est plus jeune, c'est plus compliqué ». Enzo renchérit : « On peut se sentir bizarre en tant qu'enfant catholique. Quand la religion n'est que dans notre famille, on se sent seul à l'école. Les autres ne comprennent pas forcément. »

Mathilde, 15 ans, qui prépare sa confirmation, se souvient d'une expérience difficile : « Avant, je vivais à l'étranger et lorsque j'ai dit que j'étais catholique, certains m'ont arraché ma croix à la cantine. Je me sentais un peu seule, c'était assez dur. » Hélène, du même âge, hoche la tête : « En région parisienne, on n'avait pas du tout l'habitude de parler de religion. » Puis elle sourit : « Mais depuis que je suis à Monaco, ça a bien changé. »

Monaco, un terrain propice à la foi

Tous ces jeunes fidèles soulignent que la Principauté offre un environnement favorable. Enzo note : « C'est un endroit propice pour construire son histoire religieuse, déjà car c'est un état catholique ». Il évoque ses repas hebdomadaires avec les bonnes sœurs dans son école publique monégasque, une normalité locale. Nathanaël résume : « L'Église, c'est Monaco. »

L'arrivée très attendue du pape Léon XIV

La venue du Souverain pontife à Monaco revêt une dimension particulière. Enzo insiste : « Il nous représente. C'est le chef d'un milliard et demi de catholiques. Je suis très attentif à ce qu'il dit et les positions qu'il prend. Ça nous permet d'avoir une ligne à suivre. » Sarah exprime sa curiosité : « Je suis très curieuse de ce qu'il va dire et pourquoi il vient à Monaco avec tout ce qu'il se passe dans le monde. »

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Nicolas, responsable des jeunes au FAR, explique : « Depuis l'initiative des Journées mondiales de la jeunesse de 1986, le pape est un fil rouge du FAR, il prend beaucoup de place dans l'association. Depuis le premier appel du pape Jean-Paul II aux jeunes fidèles du monde entier, le FAR a toujours répondu présent. De nombreux membres ont pu le rencontrer. Ça crée un lien entre toutes les générations. On se sent appartenir à un tout. C'est aussi ce que l'on recherche dans la religion. »

Enzo réfléchit, puis conclut simplement : « Ce qui me stimule le plus, c'est quand le Pape nous dit qu'on est le futur de l'Église. » Un sourire passe : « Ça fait du bien de se sentir validé. »

Ce samedi 28 mars, les jeunes du FAR auront l'opportunité de rencontrer le pape place Sainte-Dévote. Tous les membres se retrouveront aussi dans les tribunes du stade Louis-II, où ils préparent une petite surprise pour leur représentant suprême.