Films "David" et "Sacré Cœur" : la communauté de l'Emmanuel face à ses dérives et scandales
Films religieux : l'Emmanuel derrière les succès et les scandales

Les succès cinématographiques masquent les dérives de la communauté de l'Emmanuel

Depuis le 18 mars 2026, le film "David" raconte l'histoire biblique du berger vainqueur de Goliath sur les écrans français. Ce film d'animation, réalisé par des équipes sud-africaines et doublé par l'acteur Elie Semoun, a connu un démarrage record aux États-Unis, générant plus de 70 millions de dollars. En France, il est distribué par la société Saje, détenue majoritairement par la communauté catholique ultraconservatrice de l'Emmanuel.

Le rôle central de l'Emmanuel dans la distribution de films à succès

Saje s'est fait connaître en distribuant des films comme "Sacré Cœur", un docu-fiction catholique qui a attiré près de 500 000 entrées. Hubert de Torcy, fondateur de Saje et membre de l'Emmanuel, voit dans le cinéma un outil d'évangélisation populaire pour une rencontre avec Dieu, comme le rapportait La Croix en décembre dernier. Des scènes de "Sacré Cœur" ont été tournées dans le sanctuaire du Sacré Cœur, géré par l'Emmanuel depuis 1986, et plusieurs prêtres de cette communauté y interviennent.

Des liens étroits et des bénéfices financiers substantiels

Les réalisateurs Sabrina et Steven J. Gunnell ont publié un livre via la maison d'édition de l'Emmanuel en 2024, renforçant les connexions. Le succès de "Sacré Cœur" a rapporté environ 1,5 million d'euros à Saje, selon L'Informé, profitant ainsi à la communauté en termes de visibilité et de revenus. Pourtant, les positionnements rétrogrades de l'Emmanuel, notamment son implication dans la Manif pour tous et son association avec des groupes promouvant des thérapies de conversion, soulèvent des questions éthiques.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des scandales d'abus sexuels au sein de la communauté

Au-delà de ses activités cinématographiques, l'Emmanuel est au cœur de plusieurs affaires de violences sexuelles impliquant ses prêtres :

  • Benoît Moulay, renvoyé pour violences sur deux femmes majeures.
  • Bernard Peyrous, mis en examen pour agressions sexuelles et viols aggravés.
  • Noël Nshibia Pamu, condamné pour agression sur mineure de moins de 15 ans.
  • Antoine Kitandja-Lokavu, exclu en 2025 suite à des plaintes pour violences.
  • Benoît R., mis en examen en 2026 pour détention d'images pédopornographiques et viols sur mineur.

Ces cas ont conduit le Vatican à lancer une visite apostolique en octobre 2025, menée par l'évêque de Dijon, Antoine Hérouard, pour auditer les pratiques de la communauté.

Un appel à la vigilance et au respect des victimes

Il est crucial de dénoncer les dérives de l'Emmanuel pour honorer les victimes et préserver l'intégrité des catholiques. La réussite de Saje, si elle bénéficie à cette communauté, ne doit pas occulter les graves manquements moraux et juridiques. Olivier Perret, auteur de "La Face cachée de l'Emmanuel", souligne l'urgence de cette prise de conscience dans un contexte où le cinéma sert des intérêts controversés.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale