Finistère : des allocataires du RSA et la CGT saisissent la justice pour harcèlement moral
RSA : allocataires et CGT attaquent le Finistère pour harcèlement

Finistère : des allocataires du RSA et la CGT saisissent la justice pour harcèlement moral

Ils se disent profondément dépités et même révoltés par leur situation. « On est coupable d’avoir fraudé avant même d’avoir été contrôlé », dénoncent-ils avec amertume. Un groupe d’allocataires du Revenu de solidarité active (RSA) a officiellement annoncé avoir saisi la justice contre le département du Finistère, l’organisme qui leur verse cette aide sociale essentielle. Soutenus activement par le syndicat CGT, ces bénéficiaires accusent l’administration départementale de mener contre eux une campagne de « harcèlement » systématique et moralement éprouvante.

Une plainte pour harcèlement moral institutionnel

La CGT et six allocataires concernés ont déposé une plainte mercredi, mettant en lumière ce qu’ils qualifient de « agissements répétés de harcèlement moral » de la part d’un directeur du conseil départemental. « C’est pas un choix de vie de vivre au RSA », a rappelé avec force une agricultrice présente parmi les plaignants, qui travaille pourtant « plus de 50 heures par semaine » sans parvenir à sortir de la précarité. Cette action en justice vise à faire reconnaître des pratiques jugées abusives et anxiogènes.

Le président du conseil départemental, Maël de Calan (ex-Les Républicains), est formellement cité à comparaître le 30 mars prochain devant le tribunal correctionnel de Brest. Il conteste avec vigueur les allégations portées contre son administration, affirmant que les procédures suivies respectent scrupuleusement le cadre légal.

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Le département se défend et contre-attaque

L’audience sur le fond de cette affaire délicate devrait se tenir avant le début de l’année 2027, selon Maître Franck Carpentier, l’avocat de la CGT. Ce dernier estime que la collectivité a instauré contre les allocataires du RSA un véritable « harcèlement moral institutionnel », qu’il compare sans détour aux méthodes controversées employées chez France Télécom dans les années 2000. Une accusation grave qui soulève des questions sur les conditions de traitement des bénéficiaires d’aides sociales.

En réponse, Maël de Calan a fermement défendu la politique de son département. « Ce qu’ils attaquent, c’est la stricte application de la loi. Le département dénonce ce détournement du droit, et demandera la condamnation des demandeurs pour procédure abusive », a-t-il annoncé, marquant sa détermination à combattre ces accusations en justice. Le débat s’annonce donc intense et révélateur des tensions autour de la gestion du RSA.

Une baisse du nombre d’allocataires controversée

Sur les quatre dernières années, le nombre d’allocataires du RSA dans le Finistère est passé de 18 000 à 13 500 personnes. Une diminution significative que Maël de Calan avait expliquée en janvier dernier comme le résultat d’une politique volontariste visant « à remettre les gens au boulot ». Cependant, cette baisse est aujourd’hui au cœur de la polémique, les plaignants y voyant la preuve d’une pression excessive et d’un climat de suspicion généralisée envers les bénéficiaires.

Cette affaire judiciaire met en lumière les difficultés et les conflits potentiels entre les objectifs de réinsertion professionnelle et le respect des droits des personnes en situation de précarité. Elle interroge également sur les méthodes employées par les administrations sociales et leur impact sur le bien-être des allocataires, dans un contexte national où la question du RSA et de son accompagnement reste hautement sensible.

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