Précarité en Occitanie : les niveaux de vie à 65% de la moyenne nationale
Précarité en Occitanie : niveaux de vie à 65% de la moyenne

Une étude révèle l'ampleur de la précarité des familles en Occitanie

L'Observatoire de l'action sociale et des territoires (OAST) vient de publier une étude inédite sur les conditions de vie des familles dans trois départements d'Occitanie : l'Hérault, le Gard et la Lozère. Cette recherche, menée pour le compte des Unions départementales des associations familiales (UDAF) en collaboration avec la Mutualité sociale agricole (MSA), dresse un portrait alarmant de la situation économique régionale.

Des chiffres qui confirment une réalité difficile

"La pauvreté empêche les gens de vivre la vie que l'on veut avoir, celle à laquelle ils aspirent", déclare Benoît Prévost, professeur en sciences économiques à l'université Paul Valéry de Montpellier, qui a dirigé cette étude. Les résultats, basés sur des questionnaires soumis à 2 137 personnes, révèlent que le niveau de vie des ménages de la région représente seulement 65% du niveau de vie moyen des autres ménages en France.

Plus concrètement, la moitié des personnes interrogées vit avec moins de 1 533 euros par mois, un montant qui se situe juste au-dessus du halo de la pauvreté fixé à 1 503 euros. Le seuil de pauvreté officiel étant quant à lui établi à 1 290 euros mensuels. "Ce qui caractérise notre région, c'est qu'elle est la plus pauvre de France", rappelle Benoît Prévost.

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Des profils de précarité variés selon les départements

L'étude met en lumière des réalités différentes selon les territoires :

  • Dans l'Hérault : les personnes les plus touchées sont généralement des femmes employées âgées de 50 à 65 ans, souvent confrontées à la précarité suite à une séparation. Leur niveau de vie moyen s'élève à 827 euros.
  • Dans le Gard : les ménages les plus modestes sont principalement des couples âgés de 40 à 49 ans avec en moyenne 1,5 enfant. Leur niveau de vie moyen est de 1 032 euros, soit 270 euros en dessous du seuil de pauvreté.
  • En Lozère : les familles les plus pauvres sont très souvent des couples d'agriculteurs âgés de 40 à 49 ans avec 2 à 3 enfants en moyenne, vivant en zone rurale. Leur niveau de vie moyen se situe autour de 813 euros.

Un paradoxe révélateur

L'étude souligne un phénomène paradoxal : "Parfois, quand on demande aux gens s'ils se privent, ils répondent que non alors qu'en réalité, ils se privent", commente Benoît Prévost. Cette normalisation de la précarité s'accompagne pourtant d'un constat surprenant : lorsqu'on leur demande d'évaluer leur bonheur sur une échelle de 0 à 10, les personnes classées dans la catégorie "pauvreté" se situent en moyenne au niveau 7.

Le sentiment d'inégalité apparaît par ailleurs plus prégnant dans l'Hérault et le Gard qu'en Lozère, bien que ce dernier département présente des revenus globalement plus modestes avec une moyenne à 1 482 euros, soit 300 euros de moins que dans l'Hérault.

Cette étude, qui se veut un portrait fidèle des conditions de vie des familles à partir de témoignages recueillis auprès des réseaux de l'OAST, confirme ainsi la nécessité de politiques sociales adaptées aux spécificités territoriales de cette région qui reste la plus pauvre de France.

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