À Montpellier, Aurélien, 21 ans, étudiant en master de droit du travail à l'université de Montpellier, vit avec 700 euros par mois. Ce budget serré, composé de 500 euros versés par ses parents et de 199 euros d'aides personnelles au logement (APL), le contraint à des choix radicaux, comme renoncer à la viande. Il vit seul depuis un an et témoigne auprès de Midi Libre des difficultés financières qu'il rencontre au quotidien.
Un budget mensuel de 700 euros, entre loyer et charges
Aurélien a trouvé un appartement d'environ 20 mètres carrés, sous les toits, dans le quartier Boutonnet à Montpellier. Le loyer correspond exactement à la somme que lui versent ses parents chaque mois. « C'est mon plus gros poste de dépense », calcule-t-il. En ajoutant les 30 à 40 euros d'électricité mensuelle, il ne lui reste plus que 160 euros par mois pour vivre. Une somme qu'il juge dérisoire, d'autant qu'il ne bénéficie d'aucune bourse du Crous.
« Je prends 100 euros pour manger chaque mois », compte-t-il à la volée. Pour ses repas, il mange très souvent au restaurant universitaire, afin de garantir des repas équilibrés. Chez lui, il a « dit adieu à la viande », trop chère à ses yeux. Pour les condiments, il se contente de sel et d'huile bon marché, et conserve le ketchup et la mayonnaise du Crous. Il s'est également tourné vers l'aide alimentaire du Scum, le syndicat de combat universitaire de Montpellier, qui a distribué plus de 15 000 colis alimentaires au cours de la dernière année scolaire.
Une vie sociale contrainte par le porte-monnaie
Avec le reste de son budget, Aurélien s'achète parfois un livre, un vêtement ou mange dehors. « Je compte beaucoup l'argent et je me sens pile poil, pas à l'aise pour vivre. Il me manque facilement 100 euros pour faire plus de choses », confie-t-il. Cette situation pèse sur sa vie sociale : « Il y a un gros sentiment d'isolement quand tu ne peux plus suivre financièrement les activités avec tes potes. » Pour compenser, lui et ses amis organisent des soirées à l'appartement, moins chères que les sorties au bar.
Malgré quelques réductions, comme la gratuité des transports, l'argent est omniprésent dans son quotidien. « C'est devenu une habitude de vivre dans la précarité », déplore-t-il. Selon une enquête menée par Linkee entraide étudiante en 2026 auprès de 25 000 étudiants en France, 69 % d'entre eux ont un reste à vivre égal ou inférieur à 100 euros chaque mois. Cela représente 3,33 euros par jour pour se nourrir, se soigner, s'habiller et se divertir. Une somme dérisoire qui illustre la précarité croissante des étudiants, contraints de faire des choix douloureux pour boucler leurs fins de mois.



