Logement étudiant à Nice et Toulon : 5 pistes pour trouver un toit
Logement étudiant à Nice et Toulon : 5 pistes pour trouver un toit

À une semaine de la rentrée universitaire, des milliers d'étudiants des Alpes-Maritimes et du Var cherchent encore un logement. Face à des résidences universitaires complètes et des loyers élevés, des alternatives comme la colocation solidaire ou la cohabitation avec un senior permettent de se loger pour moins de 350 euros par mois.

Une situation sous tension avec des milliers d'étudiants sans logement

Le compte à rebours est lancé. Dans une semaine, les premiers étudiants des Alpes-Maritimes et du Var prendront le chemin des cours. Certains peinent encore à dénicher un logement abordable. Cherté des loyers, garanties exigées, arnaques en ligne à déjouer : trouver un toit relève du parcours du combattant.

« Sur les 2 départements, nous comptons 68 000 étudiants pour 6 000 logements dans les résidences étudiantes du Crous. Malgré l'augmentation du parc de logements, nos résidences affichent complet », indique Vanessa Tith, directrice vie étudiante et communication au Crous Nice Toulon. Dans les résidences étudiantes privées, même scénario : plus aucune place disponible.

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« La situation du marché du logement est particulièrement sous tension, notamment en raison de la forte attractivité touristique du territoire », pointe Audrain Roux, président de la FACE06, la Fédération des Associations et des Corporations Etudiantes des Alpes-Maritimes. « Les étudiants se trouvent confrontés aux mêmes problématiques que les autres habitants, sans pour autant disposer de capacités financières et de garanties nécessaires pour pouvoir prétendre accéder au parc immobilier. »

Des alternatives pour se loger à moins de 350 euros par mois

Quand les studios affichent à Nice des loyers allant de 600 à plus de 850 euros par mois selon les quartiers et la superficie, la colocation peut permettre de faire baisser la facture. La plateforme gratuite du Crous, Locaviz.fr, permet d'accéder aux annonces déposées par les propriétaires. À 10 jours de la rentrée, le site affiche encore une trentaine de logements disponibles à Nice, et une dizaine pour Toulon et l'aire toulonnaise. Avant de pouvoir contacter un propriétaire, il faut être inscrit sur messervices.etudiant.gouv.fr et fournir un justificatif de son inscription dans l'enseignement supérieur français. D'autres sites et applications mobiles permettent de trouver un logement en colocation, ou des colocataires : La Carte des Colocs, Recherche-colocation, Immojeune…

Pour alléger leur budget logement, certains étudiants choisissent d'habiter chez un senior. C'est le cas d'Abdou, étudiant en anthropologie à Nice, qui habite chez Isabelle, colline de Pessicart. « J'ai eu de la chance, sourit-il. Je venais de Rouen où les loyers sont moins élevés et quand j'ai été admis en Master à Nice, ça a été très compliqué de trouver un logement. Il faut être solide financièrement. » Après avoir galéré plusieurs semaines, il tape à la porte de l'association Ensemble2Générations qui propose des colocations intergénérationnelles. Le principe est simple : se loger chez l'habitant en échange d'une aide (présence la nuit, courses, initiation aux outils numériques…) et/ou d'une participation modique aux frais.

« L'esprit de la loi sur la colocation intergénérationnelle est clair, ce n'est pas de l'aide à domicile, pointe Jack Hébrard, président d'Ensemble2Générations 06. C'est un système qui rompt l'isolement des personnes de plus de 60 ans et apporte à l'étudiant une solution de logement peu coûteuse. » La participation financière varie selon les services que l'étudiant s'engage à rendre. Elle peut aller d'une quasi-gratuité à un loyer modique autour de 150 euros, voire plus, sans dépasser 350 euros par mois. C'est le loyer que paie Abdou pour un studio indépendant, attenant à la maison. Si Isabelle, dynamique senior, n'a pas besoin d'aide, elle apprécie la présence bienveillante de l'étudiant. « Un jour je suis partie en vacances sans le prévenir. Il s'est inquiété de ne pas m'entendre, et m'a appelée pour savoir si tout allait bien. » Le bail de cohabitation intergénérationnelle permet généralement aux étudiants de prétendre aux APL (aides personnalisées au logement) de la CAF.

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« Il reste encore quelques opportunités dans les Alpes-Maritimes », indiquent Cécile Pinaud d'Agis06-Cap Jeunesse et Béatriz Duarte d'Ensemble2Générations. Ces 2 associations assurent la mise en relation des étudiants avec des seniors et le suivi des binômes pendant l'année universitaire. Contact : Ensemble2Générations dans les Alpes-Maritimes (Béatriz Duarte, 06 89 69 03 31), dans le Var (07 89 48 87 52), Agis06 Cap Jeunesse (04 93 80 93 93).

La colocation solidaire dans les quartiers populaires de Nice

Pour se loger à prix doux, les étudiants peuvent aussi candidater à une colocation en échange de bénévolat sur des projets solidaires. « Il reste des places dans les 3 colocations que nous avons à Nice, dans le quartier des Moulins et à Las Planas », annonce Noëmie Lecathelinais, coordinatrice du programme Kaps, à l'Afev. Entre deux entretiens avec de futurs colocataires solidaires, elle détaille le fonctionnement du dispositif. « Nous demandons aux étudiants d'assurer 5 heures de bénévolat par semaine. » Deux heures sont dédiées à du mentorat : l'étudiant accompagne un enfant ou adolescent en difficulté scolaire ou sociale via une aide aux devoirs, des sorties culturelles… Les trois autres heures sont dévolues à des actions au sein du quartier. « Il peut s'agir de jeux, d'ateliers, d'événements autour de l'art, la culture, le sport, le développement durable… menés en partenariat avec les associations locales. »

En échange de leur engagement, les étudiants accèdent à un logement social en colocation mixte dans un quartier populaire. Ils bénéficient d'un loyer compris entre 200 et 300 euros par mois environ, avant déduction des APL. Une formule qui a séduit Amandine, 18 ans, originaire de Bordeaux. Étudiante sur le campus Carlone, elle a décidé de rempiler dans sa colocation des Moulins. Le programme Kaps est mené en partenariat avec Côte d'Azur Habitat. Pour candidater, ça se passe en ligne, sur le site de l'Afev (afev.org/engagement/trouver-colocation-solidaire).

Attention aux arnaques et aux baux trop courts

Alors que les jeunes et leurs familles effectuent souvent leurs recherches à distance, Vanessa Tith invite à la plus grande vigilance. « Beaucoup d'étudiants se font arnaquer, ils envoient de l'argent, sans avoir signé de contrat de location, et quand ils arrivent, le logement n'existe pas. » Si le propriétaire est autorisé à vous demander un certain nombre de documents (pièce d'identité, carte d'étudiant ou contrat d'apprentissage, justificatifs de ressources de votre garant, avis d'imposition, bulletins de salaire, ou votre « visa » Visale, une estimation de l'allocation Caf), il ne peut pas vous demander de verser de l'argent pour réserver un logement.

Autre détail à regarder de près : la durée du bail. Sur les annonces consultées en ligne, certaines locations prennent fin début juin, soit avant la fin de l'année universitaire. En effet, à la belle saison, de nombreux logements étudiants sont loués aux vacanciers. « La période de location touristique s'étend », constate Vanessa Tith. Elle relate ainsi la mésaventure d'un étudiant qui avait signé en septembre un bail prenant fin début avril. « Dans l'urgence de la rentrée scolaire, il avait signé. Mais il a eu des difficultés à trouver à se loger pour la fin de l'année universitaire. »

Bon à savoir : si votre propriétaire vous demande un garant, et que votre famille ne peut se porter caution pour vous, vous pouvez solliciter la garantie Visale. Action Logement se porte garant pour vous sur les 3 premières années du bail, pour des logements du parc privé, des résidences étudiantes privées sous contrat, des résidences universitaires du Crous, des résidences Habitat Jeunes… Cette alternative à la caution parentale ou bancaire est gratuite et garantit le paiement du loyer et des charges locatives au propriétaire en cas de défaillance de paiement. Autre dispositif à connaître : l'avance Loca-pass. Elle permet, dans certains cas, de verser le dépôt de garantie demandé par le bailleur et de le rembourser petit à petit, sans payer d'intérêts, sur une durée maximale de 25 mois. Son montant est de 1 200 euros maximum.