Enseignants sur liste complémentaire : l'attente se prolonge à Rennes
Liste complémentaire : l'attente des enseignants à Rennes

À l'approche de la rentrée scolaire, 25 lauréats du concours de recrutement de professeurs des écoles (CRPE) de l'académie de Rennes, inscrits sur la liste complémentaire, n'ont toujours pas reçu d'affectation. Ces candidats, qui ont pourtant réussi le concours, risquent de perdre le bénéfice de leur réussite s'ils ne sont pas appelés avant le 30 septembre. Face à cette situation, ils ont créé un collectif pour interpeller le rectorat.

Une attente qui met en péril le concours

Nicolas*, l'un de ces lauréats, exprime son désarroi : « On demande simplement à pouvoir travailler ». Comme 24 autres personnes de l'académie, il attend toujours son affectation en tant que professeur des écoles. Le jeune homme a pourtant « répondu aux exigences » du CRPE, qu'il a obtenu cette année. Il figure sur la liste complémentaire qui devrait lui permettre d'être placé sur un poste vacant et de poursuivre sa formation.

Cette année, seulement « quatre personnes » de cette liste ont été appelées, selon l'académie. Les autres prétendants doivent donc patienter. L'enjeu est de taille : « les candidats qui ne sont pas appelés avant le 30 septembre perdent le bénéfice de leur concours » et sont contraints de le repasser, explique Emmanuelle Maray, secrétaire du syndicat FSU-SNUipp en Ille-et-Vilaine.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un collectif dénonce des choix budgétaires

Les lauréats de la liste complémentaire de l'académie de Rennes ont décidé de se regrouper en collectif et de solliciter le rectorat. Ce qu'ils déplorent ? Être délaissés au profit de contrats précaires. « Les académies privilégient l'embauche de contractuels en CDD ayant loupé ou n'ayant pas passé le CRPE », pointe le collectif.

Caroline Brisedoux, secrétaire nationale à la CFDT éducation formation recherche publique, évoque « des choix politiques et budgétaires ». Elle ajoute : « Certains syndicats académiques demandent à leur rectorat de privilégier les listes complémentaires plutôt que de faire appel à des contractuels sans concours, mais ce n'est pas le cas partout. »

L'académie se justifie

Contactée par 20 Minutes, l'académie de Rennes se défend : « nous sommes informés et avons pris connaissance de la situation. Cependant, l'appel des lauréats sur liste complémentaire et l'embauche de CDD sont deux choses différentes. Les contractuels sont uniquement sollicités pour des postes temporaires alors que les lauréats de la liste complémentaire sont contactés dans le cadre d'un désistement sur la liste principale. C'est du poste pour poste. »

Jusqu'à présent, toutes les personnes sur liste complémentaire « étaient appelées chaque année », continue l'académie. Pour la rentrée 2026, « nous n'avons effectivement pas appelé le reste de la liste ». La Bretagne est une région « particulièrement attractive pour les enseignants », ajoute l'académie.

Les contractuels aussi touchés

Caroline Brisedoux précise : « Nous ne sommes pas opposés aux contractuels. La question est de savoir quelle proportion cela atteint. » De l'autre côté, des contractuels subissent aussi des difficultés. « Des enseignants en CDD, à qui on a fait appel à de nombreuses reprises, se retrouvent du jour au lendemain sans rien à la rentrée. »

Dans le secondaire, le manque d'affectation concerne principalement les contractuels, car le système de liste complémentaire n'existe pas au collège et au lycée. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-fsu, rappelle : « Cela fait plusieurs années que les contractuels sont la solution de facilité pour les rectorats. Beaucoup ont été placés dans des classes sans formation en un temps record parce qu'il fallait répondre à la politique "un professeur devant chaque classe". » Cette année, une partie de ces contractuels n'ont pas été renouvelés malgré les besoins, souligne le syndicat.

Résultat : « sans contrat, ces professeurs n'ont plus de lien avec l'Education nationale. Certains attendent, d'autres cherchent ailleurs et pointent à France Travail », ajoute la secrétaire générale.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Le ministère se veut rassurant

Du côté du ministère, la situation semble moins alarmante. « Chaque rectorat maîtrise ses recrutements et les ajuste au regard des besoins, avec une logique disciplinaire dans le second degré […] et, dans la mesure du possible, en fonction des situations individuelles des personnels contractuels », a affirmé le ministère en début de semaine. La situation des contractuels non renouvelés fait « l'objet d'une attention particulière », est-il précisé.

Le nombre de postes d'enseignants non pourvus s'est réduit après la réforme du système du concours enseignant mise en place cette année pour répondre à la crise du recrutement. « Tous les indicateurs sont bien meilleurs que les années précédentes, entre autres parce que les concours ont permis de recruter à plein », évoquait le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, lundi sur France Inter au sujet des collèges et lycées. Cette année, le taux de postes pourvus atteint 98,5 % dans le premier degré, contre 92,1 % l'an dernier, et 96,1 % dans le second degré, contre 90,6 % à la rentrée 2025.