Frontignan : sports de glisse et pêche de loisir menacés sur l'étang d'Ingril
Frontignan : sports de glisse menacés sur l'étang d'Ingril

Le 26 mai, la commission nautique locale se réunira à la Direction des territoires et de la mer de l'Hérault pour discuter de l'évolution de la réglementation du plan d'eau de l'étang d'Ingril à Frontignan. La menace est concrète pour les sports de glisse : la préfecture maritime de la Méditerranée pourrait mettre fin à la navigation libre, réservant l'accès à quelques écoles de sports de glisse. Une onde de choc bien au-delà des pratiquants.

Une catastrophe pour tous

Jean-Christophe Tréal, gérant de Tiki Center à Frontignan, alerte : "C'est une vraie catastrophe pour tout le monde. Cela ne concerne pas que les pratiquants et les écoles. Les répercussions toucheront la ville de Frontignan, son tourisme et ses commerces." Une réunion entre les écoles était prévue le 22 mai pour définir une position commune.

Incompréhension totale

Delphine Termignon, présidente de l'association TKC, rappelle que les arrêtés de septembre 2023 avaient officialisé les usages sur l'étang, avec des règles précises respectées, après des conflits avec un pêcheur. "Aucun accident ne s'est jamais produit. Depuis trois ans, la cohabitation se déroule sans accroc. Alors pourquoi tout remettre en cause ? Pour mettre légalement un terme aux droits des personnes, il faut une sacrée raison, mais aucune n'a été donnée", déplore-t-elle.

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Risques accrus en cas de fermeture

Les pratiquants libres seraient exposés à des risques si l'étang fermait. "L'étang d'Ingril est l'un des rares espaces sécurisés par tramontane. S'il ferme, il y aura un report sur les étangs de Thau, Port Camargue pour le kite, et le Ponant pour la wing et la planche à voile. La pratique deviendra à risque accru", explique la présidente. Jean-Christophe Tréal ajoute : "Aller en mer est trop dangereux, surtout par tramontane, à 300 mètres des plages où on n'a pas pied. On peut dériver. Comment revenir sans vent ? Les élus ne se rendent pas compte des risques."

Inquiétude des pêcheurs de loisir

Du côté de la pêche de loisir, Jean-Claude Fortino, président de l'association du port des Pauvres de Frontignan, juge l'interdiction injustifiée. "Tout se passe bien. Apparemment, les petits bateaux n'auront plus droit de cité alors que les trois pêcheurs professionnels posent des kilomètres de filets. La réglementation doit s'appliquer à tout le monde."

Remaniement de la commission

Un arrêté préfectoral a remanié la composition de la commission nautique locale : l'école de voile municipale en est exclue, le TKC rétrogradé au rang de suppléant. Siègeront désormais l'association de chasse maritime de l'étang d'Ingril et celle du port des Pauvres. Soit quatre représentants de la pêche face à un seul des sports de glisse. Coïncidence ou signe avant-coureur ? La pêche professionnelle précise qu'il s'agit d'un encadrement pour une meilleure cohabitation. Emmanuel Bassinet, secrétaire général du Comité régional de la pêche maritime, rappelle que "la pêche et la conchyliculture sont priorisées dans le cadre du Schéma de cohérence territoriale. L'évolution de la réglementation est la réaffirmation d'un cadre juridique existant."

La préfecture n'a pas répondu à nos sollicitations. La mairie de Frontignan indique ne pas être décisionnaire et devra s'aligner sur la décision préfectorale.

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