Alfortville : des familles portent plainte après des séjours sans agrément pour leurs proches handicapés
Des familles d'Alfortville, dans le Val-de-Marne, expriment leur colère après avoir découvert que des séjours de vacances pour leurs proches polyhandicapés étaient organisés par une association non agréée. La maison d'accueil spécialisée (MAS) Robert-Seguy est pointée du doigt pour avoir recommandé cet organisme, suscitant une perte de confiance totale.
Des séjours présentés comme une bouffée d'oxygène
Pour un parent d'une adulte polyhandicapée, ces séjours en Normandie représentaient « la seule bouffée d'oxygène de l'année ». Sa fille, accueillie à la MAS Robert-Seguy, faisait partie d'une trentaine de pensionnaires qui participaient depuis deux ans à ces vacances adaptées. Mais personne ne savait que l'association Inter-action, chargée de l'organisation, ne disposait pas de l'agrément « vacances adaptées organisées » (VAO), pourtant obligatoire pour ce type de séjours de plus de cinq jours.
Une association introuvable
Les familles ont versé plusieurs milliers d'euros à Inter-action, qui est aujourd'hui injoignable. « On n'arrive plus à la joindre depuis plusieurs semaines, elle a totalement disparu et son site internet a été fermé », déplore un parent. La question qui revient : comment la MAS a-t-elle pu orienter les familles vers cette association non agréée ?
La direction de la MAS se défend
L'Apajh, qui gère la MAS, explique avoir collaboré avec un organisme agréé avant d'être sollicitée par d'anciens professionnels de cette structure. « Ces derniers avaient déjà organisé des séjours adaptés pour les personnes accompagnées par la MAS », précise l'association. La continuité des équipes a instauré un climat de confiance, et le changement de structure n'a pas suscité de vigilance particulière. Dès la découverte de l'absence d'agrément, la fédération a déposé une plainte et effectué un signalement au procureur.
Un besoin de contrôles renforcés
La DRIEETS d'Île-de-France assure que les séjours non déclarés ou organisés par des associations non agréées font l'objet d'inspections systématiques. Cependant, le siège d'Inter-action se trouve en Normandie, et aucune information ne filtre sur une inspection. Un parent s'indigne : « Il faut beaucoup plus de contrôles, sinon il y aura des drames. »
Des mesures prises pour l'avenir
Le séjour prévu du 29 août au 6 septembre a été annulé, et les familles ont été remboursées. Un nouveau séjour adapté a été proposé aux mêmes dates. Malgré cela, la confiance est rompue. « Avant, on ne se posait pas trop de questions. Aujourd'hui, on n'a plus du tout confiance », conclut un parent.



