Sète : Odile, locataire, vit un calvaire dans son appartement insalubre à 90% d'humidité
Sète : calvaire d'Odile dans son appartement insalubre à 90% d'humidité

Un appartement indécent au cœur de Sète

Odile Mouton, 51 ans, et son fils Rafaël, 20 ans, vivent un véritable calvaire dans leur appartement de 49 m² situé au 31 rue Jean-Jaurès, à seulement 200 mètres des Halles de Sète. Depuis leur emménagement en mars 2015, les conditions de vie se sont considérablement dégradées, transformant ce logement en un espace insalubre et dangereux pour la santé.

Un environnement envahi par l'humidité et les moisissures

Dès l'entrée dans l'appartement, l'air vicié et l'humidité omniprésente saisissent le visiteur. Les murs et les plafonds de la pièce principale comme de la chambre sont couverts de moisissures. Le papier peint se décolle, la peinture s'écaille et cloque. Même la salle de bains, pourtant refaite l'an dernier et équipée d'une VMC fonctionnant en permanence, n'échappe pas à cette invasion fongique.

Les mesures d'humidité atteignent des niveaux alarmants, culminant à 90%. Un rapport du service hygiène de la Ville de Sète a d'ailleurs déclaré ce logement "indécent". Les conséquences sur le quotidien d'Odile et de son fils sont dramatiques : "Les vêtements ne sèchent pas et moisissent. J'ai déjà perdu une télé, deux meubles et une gazinière, gagnée par la rouille", témoigne Odile, bénéficiaire de l'allocation adulte handicapée après neuf opérations et un cancer.

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Des impacts sanitaires préoccupants

La santé de Rafaël est particulièrement affectée par ces conditions de vie déplorables. "Mon fils tousse comme s'il fumait depuis tout petit. Et ça, ce n'est pas possible", s'alarme Odile, épuisée par cette situation. L'atmosphère malsaine de l'appartement aggrave visiblement les problèmes respiratoires du jeune homme, ajoutant une dimension sanitaire urgente à ce dossier déjà complexe.

Un combat judiciaire pour faire valoir ses droits

Malgré le paiement régulier de son loyer de 598 euros par mois, Odile a décidé de porter l'affaire devant la justice. Elle a assigné le syndic de copropriété de l'immeuble pour préjudice de jouissance. Déboutée une première fois par le juge des contentieux de Sète, elle a fait appel, déterminée à obtenir gain de cause.

Me Nicolas Gallon, son avocat, confirme les causes techniques du problème : "Il y a un problème d'imperméabilité d'un tuyau d'évacuation des eaux usées. La porosité des canalisations longeant l'appartement occasionne des remontées d'humidité". L'avocat pointe la double responsabilité de la copropriété, tenue d'engager les travaux concernant les parties communes, et de la propriétaire, qui doit fournir un logement décent à sa locataire.

Des travaux nécessaires mais bloqués par des problèmes financiers

L'immeuble, vétuste, nécessite des travaux importants qui vont bien au-delà de la simple étanchéité de la cour. Dominique Lemmi, directeur de l'agence du Levant, le syndic, explique : "S'ils ont voté le principe des travaux en juillet 2024, les copropriétaires ont demandé d'autres devis pour les autres problèmes. Le 17 juillet 2025, tout a été finalement voté".

Les travaux prévus comprennent :

  • La réhabilitation du réseau de la copropriété (10 000 €)
  • La réfection du béton de la cour (15 000 €)
  • Le changement de la porte d'entrée (6 000 €)
  • La réfection des poutres et charpentes (5 000 €)
  • La rénovation de la cage d'escalier (8 300 €)
  • L'aménagement du couloir d'accès (10 000 €)

Cependant, le montant total des travaux s'est envolé, et les copropriétaires ne disposent pas des fonds nécessaires. "Malgré toute leur bonne volonté, les copropriétaires n'ont pas les fonds pour payer tout ça. Il a donc fallu confier le dossier à un organisme bancaire", précise Dominique Lemmi. L'attente d'un feu vert bancaire bloque donc le début des travaux, qui devraient pourtant commencer par ceux concernant directement l'appartement d'Odile.

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Une attente insupportable pour les occupants

En attendant cette décision financière, Odile et Rafaël continuent de subir chaque jour les conditions insalubres de leur logement. Cette situation illustre les difficultés rencontrées par de nombreux locataires face à des problèmes d'habitat indécent, où les procédures judiciaires et administratives peuvent s'étendre sur des années, au détriment de la santé et du bien-être des occupants.

Le cas d'Odile Mouton à Sète met en lumière les défis persistants du mal-logement en France, où des familles entières vivent dans des conditions inacceptables, malgré leurs efforts pour faire respecter leurs droits. L'issue de son appel en justice et l'obtention des fonds nécessaires aux travaux seront déterminantes pour mettre fin à ce calvaire quotidien.