Rochefort : une locataire en lutte contre un logement dégradé par des infiltrations d'eau
À Rochefort, en Charente-Maritime, une situation de logement insalubre perdure depuis plusieurs années, plongeant une locataire dans une impasse administrative et personnelle. Anne-Charlotte Stecker, intermittente du spectacle, occupe depuis 2019 un appartement au premier étage d'un immeuble en copropriété situé rue Cochon-Duvivier, où des infiltrations d'eau importantes rendent une partie du salon inhabitable.
Un quotidien rythmé par les fuites et l'humidité
Des conditions de vie dégradées caractérisent le quotidien de la locataire. « J'ai vécu comme ça pendant trois ans et je passe le quatrième hiver dans des conditions qui s'aggravent », déplore-t-elle. L'appartement, pourtant bien entretenu et soigneusement décoré, est envahi par l'humidité : des seaux, une bassine, une serpillière et une gouttière de fortune tentent de contenir les fuites, tandis que des traces d'humidité marquent le plafond et des morceaux de plâtre jonchent le sol.
Le plafond en placo s'effrite progressivement, obligeant Anne-Charlotte Stecker à une vigilance constante. « Je vis dans un stress permanent, je surveille tout le temps la météo pour anticiper, bouger les meubles et tout protéger », explique-t-elle. Un incident grave est survenu le 8 janvier 2025 : le radiateur électrique a grillé, provoquant des étincelles et de la fumée, mettant en lumière les risques liés à cette humidité persistante.
Une conciliation tendue sans résolution
Face à l'inaction perçue, la locataire a organisé une conciliation le 21 janvier 2026 en présence du médiateur de justice Marc Guégan, du couple propriétaire et du syndic Citya Ardouin. L'objectif était de faire reconnaître officiellement l'insalubrité du logement, d'obtenir un dédommagement avec des remises de loyer et une date butoir pour la réfection de la toiture.
Malheureusement, la réunion s'est déroulée dans un climat tendu. « J'ai été méprisée et on m'a dit que, si je trouvais le logement insalubre, je n'avais qu'à faire mes bagages et partir. Les propriétaires et le syndic se renvoient la balle », raconte Anne-Charlotte Stecker. Elle évoque également un impact significatif sur sa santé mentale et regrette que son propriétaire ait maintenu les augmentations de loyer malgré la situation.
Responsabilités partagées et blocages administratifs
Le propriétaire du logement affirme pour sa part avoir accompli ses obligations en tant que copropriétaire. « Les travaux de couverture ont été votés en 2022 et un devis signé en 2023. Un appel de fonds a été réalisé et les sommes sont disponibles sur le compte travaux du syndic mais l'entreprise n'est jamais intervenue », explique-t-il. Il indique avoir accordé 140 euros de réduction sur le loyer suite à la conciliation et souligne que son bien est également détérioré, ayant donc intérêt à une réalisation rapide des travaux.
Du côté du syndic Citya Ardouin, la directrice de l'agence immobilière, Emily Marteau, précise que le dossier a été repris en juillet 2025, après avoir été géré par un autre syndic. « Nous avons sollicité en septembre 2025 l'entreprise qui était censée réaliser les travaux mais nous n'avons pas eu de retour de sa part. Ensuite, nous avons su que l'entreprise ne veut pas faire les travaux car son dirigeant part à la retraite bientôt », détaille-t-elle.
Le syndic a choisi de ne pas engager de procédure contre cette entreprise, jugée trop longue et fastidieuse. Lors d'une assemblée générale récente réunissant les quatre copropriétaires, une consultation pour trouver une autre entreprise a été lancée. « Aujourd'hui, nous avons trois devis et, d'ici fin mars, nous serons positionnés sur une entreprise. Nous allons négocier le fait que leur intervention soit quasi immédiate après la signature du devis », assure Emily Marteau.
Vers une action en justice
Malgré ces promesses, Anne-Charlotte Stecker, dans une situation précaire qui complique toute recherche de nouveau logement, a décidé de monter un dossier pour aller en justice. « Ce n'est pas pour gagner de l'argent mais pour faire reconnaître mes droits et que chacun assume ses responsabilités », conclut-elle. Cette démarche vise à mettre fin à un calvaire qui dure depuis trop longtemps, dans un logement où aucune mesure conservatoire n'est possible en raison de la configuration spécifique de la toiture.



