Hausse de loyer annulée au foyer de Burges : les résidents dénoncent aussi l'insalubrité
Hausse de loyer annulée au foyer de Burges : les résidents dénoncent

Une hausse de loyer controversée finalement annulée

Dans le foyer logement de Burges, au Passage-d'Agen, une vive inquiétude a saisi les résidents jeudi 26 mars. La raison ? Un document écrit remis le 13 mars par le nouveau gestionnaire, la Mutualité Française, annonçait une augmentation drastique du loyer pour les résidents internes, le faisant passer de 348 euros à 540 euros hors taxes. Cette annonce a provoqué un véritable choc parmi les personnes âgées et à faibles ressources qui occupent les lieux.

Un revirement rapide après la mobilisation

Face à cette hausse qui dépassait largement les 5% initialement promis par le bailleur social Habitalys en décembre, les résidents se sont immédiatement mobilisés. Alain Rabot, juriste de formation et porte-parole des habitants, a exprimé « l'incompréhension totale » du groupe. « Certains ont pleuré, se sont demandé comment ils allaient manger », a-t-il dénoncé, décrivant une atmosphère de détresse palpable.

Le maire sortant de la commune, Francis Garcia, a confirmé avoir été informé en même temps que les résidents et avoir immédiatement interpellé la Mutualité Française. Moins de deux semaines après l'annonce initiale, le gestionnaire a revu ses calculs et établi le 23 mars un prix définitif respectant l'engagement de décembre. Valérie Foy, directrice générale de la Mutualité Française, s'est refusée à commenter « une situation déjà révolue ».

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Des problèmes d'insalubrité persistants

Si l'incident des loyers a été résolu, la réunion du 26 mars a surtout mis en lumière des problèmes plus anciens que les résidents dénoncent avec véhémence. Plusieurs habitants ont pointé du doigt des cas d'insalubrité et de négligence qui perdurent depuis des années dans l'établissement.

« Ma mère a de la moisissure dans son appartement », s'est indignée une habitante, tandis qu'une autre ajoutait : « Il se passe des semaines, voire des mois durant lesquels je ne vois personne pour l'entretien. » Alain Rabot a qualifié cette situation de « maltraitance », suscitant un brouhaha approbateur dans l'assistance.

Un changement de gestionnaire contesté

Le foyer, propriété du bailleur social Habitalys, était jusqu'ici géré par le CCAS (Centre Communal d'Action Sociale). Il passe désormais aux mains privées de la Mutualité Française, un changement qui s'accompagne de travaux de réfection prévus pour cet été. Jean-Pierre Paquier, ancien président du conseil de la vie sociale de la résidence, a dénoncé « le désengagement de la municipalité sortante » qui « promet depuis huit ans des travaux dont on ne voit pas le jour ».

Face à ces accusations, l'ancien maire Francis Garcia a tempéré : « C'est un bâtiment ancien, entretenu chaque année par la commune. Il est temps de le restaurer. » Il a justifié le changement de gestionnaire par des difficultés financières municipales et la nécessité de travaux dépassant les capacités de la commune.

Des travaux de rénovation imminents

Les résidents seront relogés temporairement pendant la durée des travaux qui débuteront dès cet été. La Mutualité Française et Habitalys portent conjointement ce projet de rénovation qui vise à moderniser l'établissement vieillissant.

Malgré la résolution du conflit sur les loyers, la réunion du 26 mars a révélé une profonde méfiance des résidents envers la gestion de leur lieu de vie. Les problèmes d'insalubrité évoqués et le sentiment d'abandon exprimé par plusieurs habitants laissent présager des tensions persistantes autour de ce dossier sensible du logement social en Lot-et-Garonne.

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