Expulsion imminente dans un camping de la Drôme : des locataires pris dans un conflit juridique
Neuf locataires installés à l'année dans le camping de Ponet-et-Saint-Auban, situé dans le Diois en Drôme, sont contraints de quitter les lieux au 1er mai 2026. Une décision de justice rendue le 20 mars dernier ordonne le démontage des mobile-homes et l'expulsion des occupants, plongeant ces résidents dans l'incertitude et le désarroi.
Une décision de justice qui frappe des familles établies
Axel Tholens, Clovis Gauge, Amandine Mégevand et Luc Rousseau, interrogés par Le Dauphiné Libéré, expriment leur sentiment d'être les "oubliés" de cette affaire. Installés depuis trois à cinq ans dans ce camping, ils apprécient particulièrement son cadre naturel préservé, sa tranquillité exceptionnelle, son ambiance conviviale et ses loyers abordables, avoisinant les 350 euros charges comprises. Pour eux, cette expulsion représente une rupture brutale avec leur mode de vie.
"On a l'impression d'être des voyous", témoigne l'un des locataires, déplorant amèrement l'absence totale de dialogue dans le processus. Alors que la mairie estime le préjudice limité, les locataires et le gérant le considèrent comme considérable, accentuant leur sentiment d'injustice.
Un cadre légal strict et des manquements avérés
La mairie, par la voix de son avocate Lucile Stahl, rappelle que le cadre juridique établi en 1996 n'autorise sur ce terrain qu'un camping saisonnier strict. Cette autorisation limite l'accueil aux tentes et caravanes, pour une durée maximale de deux mois par an. Malgré ces restrictions claires, le propriétaire a installé des mobile-homes sans jamais chercher à se mettre en conformité, ni entreprendre les travaux nécessaires.
Ces manquements répétés ont rendu toute conciliation impossible, conduisant à la décision de justice du 20 mars 2026. Le tribunal a ainsi ordonné :
- L'enlèvement des mobile-homes et des aménagements annexes
- L'enlèvement de la caravane
- La dépose de la dalle en béton et des réseaux
Le tribunal a estimé que ces terrains occupés n'étaient pas conformes à l'autorisation d'aménagement initiale, justifiant ainsi ces mesures drastiques.
Des recours envisagés par les locataires
Face à cette situation, les locataires envisagent de se regrouper pour défendre collectivement leurs droits. Ils projettent de faire appel à un avocat spécialisé pour les représenter dans cette affaire complexe. Dans l'immédiat, leur demande principale est la suspension de la décision d'expulsion, en attendant le jugement en appel que le gérant a déjà formulé.
Cette affaire met en lumière les tensions entre le développement de l'habitat léger et le respect des réglementations locales, laissant ces neuf familles dans l'attente angoissante d'une solution qui préserverait leur logement et leur stabilité.



