Dax : une journée de mobilisation contre le mal-logement
L'association Droit au logement de Dax a accueilli jeudi 26 février son délégué national, Jean-Baptiste Eyraud, pour une journée de sensibilisation au mal-logement. Cet événement visait à rappeler l'actualité brûlante de ce combat et à interpeller les candidats de tous bords aux élections municipales.
Une mémoire collective douloureuse
Delphine Babour, membre historique du collectif, parcourt les panneaux exposés salle Amélie-Charrière. « Je me souviens du premier Noël organisé en faveur des SDF, ça remonte à l'hiver 2006. Au départ, nous n'étions pas encore Droit au logement, juste une poignée de gens sur Dax qui voulaient faire bouger les choses », confie-t-elle. Les photographies témoignent des différentes époques d'engagement, de l'action Enfants de Don Quichotte en 2006 à l'accueil des sans-abri pendant la Feria de Dax. « Ce qui frappe, c'est que la plupart des gens de la rue sur ces photos sont morts », constate amèrement Delphine Babour.
Une précarité qui ne connaît pas de saison
Précarité, errance, accueil de jour saturé et foyers d'hébergement complets : la vie dans la rue concerne en moyenne une vingtaine de personnes à Dax. « Ce sont des gens qui finissent par perdre pied et développer des pathologies. La moyenne d'âge n'est pas très élevée », explique Emmanuel Klein, lui-même fatigué par deux décennies de combat. Les membres du collectif ont également payé un lourd tribut à cet engagement constant.
Malgré l'existence de lois comme la loi Dalo garantissant un droit au logement décent, la situation reste préoccupante dans les Landes. « Nous sommes un département avec 11 000 logements sociaux, mais il y a autant de demandes. Le 115 est saturé, et trouver un hébergement d'urgence reste compliqué », déplore Delphine Babour, citant l'exemple récent d'un couple dacquois ayant perdu son logement suite à un incendie.
Un appel aux élus municipaux
Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole national du mouvement, a tenu une conférence lors de cette journée de mobilisation. « Il faut globalement des maires qui soient un peu plus courageux pour agir sur les logements vacants. On peut agir en imposant des taxes ou en lançant des procédures de réquisition, mesures temporaires sous-utilisées par les élus », a-t-il déclaré. Il est intervenu à plusieurs reprises à Dax pour des audiences d'expulsion lorsque le comité local se mobilisait.
La problématique des logements sociaux
Emmanuel Klein soulève également les difficultés liées aux logements sociaux. « Les bailleurs doivent se mettre en conformité avec le changement climatique. Les travaux de modernisation et d'isolation entraînent des augmentations de loyer mécaniques. On annonce 15 à 20 euros avant travaux, et on se retrouve avec 60 euros d'augmentation pour des équipements parfois de moins bonne qualité », explique-t-il. Ces hausses représentent une véritable difficulté pour les locataires précaires, dont beaucoup peinent déjà à boucler leurs fins de mois.
L'accueil de jour, ouvert quotidiennement pendant la période hivernale, reste sous-dimensionné selon Emmanuel Klein. « En 2011, nous avions à Dax un dispositif très performant, mais depuis, c'est devenu beaucoup plus compliqué. L'été, il y a pas mal de passage », regrette-t-il. Cette journée de sensibilisation a donc servi de rappel : le combat contre le mal-logement reste plus que jamais d'actualité à Dax comme ailleurs en France.



