Une résidence en souffrance malgré les promesses
Depuis plusieurs années, les locataires de la résidence La Briqueterie alertent leur bailleur, Gironde Habitat, sur des problèmes récurrents d'humidité et d'infiltrations d'eau. Malgré des interventions présentées comme des réparations, les dysfonctionnements persistent, créant un environnement insalubre pour les habitants.
Une insécurité grandissante dans le quartier
Sans être cataloguée comme un quartier « dangereux », La Briqueterie a connu récemment une série d'incidents inquiétants : voitures incendiées, pneus crevés, plaques d'immatriculation dérobées et tags sur les boîtes aux lettres. Ces désagréments ont alimenté la colère des résidents, les poussant à déposer une main courante à la gendarmerie en décembre 2024. La maire de l'époque, Béatrice de François, avait été interpellée sur cette situation.
Les habitants des quatre blocs ont réclamé, pétitions à l'appui, l'installation de caméras de surveillance. Cependant, la direction de Gironde Habitat a refusé, arguant que « la pose de caméras n'empêche malheureusement pas les auteurs d'agir et ne permet pas, dans la grande majorité des cas, d'identifier les personnes incriminées ».
Des logements dégradés par l'humidité persistante
Au-delà des faits délictueux, les locataires du bâtiment A se battent depuis longtemps pour obtenir des logements décents. Aurélie Ouhibi-Bernet, mère de deux enfants vivant au rez-de-chaussée, dénonce des défaillances régulières de la ventilation mécanique contrôlée (VMC) depuis 2023. « Cela entraîne des problèmes d'humidité. Les réparations supposées ne donnent rien. On vit constamment dans la moisissure », explique-t-elle.
Elle établit un lien entre les taches noires sur les murs et les problèmes respiratoires de sa famille. Malgré des démarches multiples – appels, relances, dépôt de plainte collective auprès de la procureure de la République, mise en place d'une protection juridique et déplacement d'huissiers –, la situation peine à évoluer. « Des entreprises sont dépêchées pour faire des reprises de peinture. Du cache-misère ! On a beau nettoyer, les traces reviennent dans les chambres, la cuisine, le salon. Même le mobilier est touché. »
Des témoignages accablants sur les conditions de vie
Maëva Olivares fait face aux mêmes problèmes de VMC, avec des marques impressionnantes au plafond de sa salle de bains. « C'est une obsession. J'ai l'impression de laver mes enfants dans du moisi », confie-t-elle. Elle ajoute que la VMC, au lieu d'aspirer, « souffle de l'air chaud. Des odeurs de cuisine et de cigarette arrivent régulièrement par la bouche et se répandent dans l'appartement ».
Kinzy Tourteau, quant à elle, endure des infiltrations d'eau depuis son emménagement en 2020. « À chaque pluie, l'eau s'engouffre dans le salon. Je dois constamment éponger le sol », témoigne-t-elle.
Les réponses du baileur jugées insuffisantes
Gironde Habitat affirme que la VMC du bâtiment A était censée fonctionner après les dernières interventions. « Si le caisson n'aspire plus comme l'affirment ces locataires, c'est qu'il n'y a plus de renouvellement d'air. L'humidité se dépose sur les parois les plus froides de l'appartement. Nous allons à nouveau vérifier la VMC et les dommages dans les appartements indiqués », explique le bailleur.
Concernant les infiltrations dans le logement de Mme Tourteau, Gironde Habitat assure qu'« une déclaration de dommages-ouvrage va être faite sur le fondement de la garantie décennale pour remédier aux dysfonctionnements ». Il précise que cette résidence de 54 logements a moins de 10 ans et que les quatre bâtiments affichent une classe énergétique B.
Malgré ces assurances, les locataires restent sceptiques, estimant que les actions entreprises ne répondent pas à l'urgence de leur situation quotidienne. La lutte pour des conditions de vie dignes se poursuit, dans un climat de frustration grandissante.



