Bordeaux : Chronologie des effondrements et évacuations d'immeubles depuis 2021
Bordeaux : Chronologie des effondrements d'immeubles depuis 2021

Bordeaux face à une crise immobilière sans précédent

La ville de Bordeaux, réputée pour son patrimoine architectural, traverse depuis juin 2021 une série noire d'effondrements et d'évacuations d'immeubles dans son centre historique. Cette situation alarmante a conduit à des dizaines d'arrêtés de péril, des centaines de personnes relogées et une étude d'envergure sur l'état du bâti ancien.

Les débuts de la crise : juin 2021

Le 16 juin 2021, deux immeubles s'effondrent rue Planterose, dans le quartier Saint-Michel, sans faire de victimes mais relançant les interrogations sur l'habitat vétuste. Ces bâtiments, dont l'un appartenait à la société InCité, n'avaient pas été entretenus pendant des années. Onze immeubles ont été évacués, affectant environ 30 foyers.

Cinq jours plus tard, dans la nuit du 20 au 21 juin, deux autres immeubles s'écroulent rue de la Rousselle, blessant trois personnes. Treize immeubles supplémentaires ont été évacués. Les causes évoquées incluent des défauts d'entretien, des travaux mal exécutés et des conditions climatiques extrêmes.

Multiplication des évacuations

La suite de l'année 2021 et 2022 a vu une multiplication des incidents :

  • 27 juin 2021 : évacuation de trois immeubles quai de Bacalan après la menace de chute d'une corniche.
  • 27 août 2021 : six immeubles évacués cours Victor-Hugo suite à un arrêté de péril imminent.
  • 1er décembre 2021 : trois immeubles évacués rue Jean-Burguet après l'affaissement d'un mur.
  • 25 mai 2022 : six immeubles évacués place Gambetta en raison de fissures en façade.

Au total, plus de soixante cas d'évacuations ont été recensés, selon Sud Ouest, avec environ 250 personnes délogées rien que pour les rues Planterose et de la Rousselle.

Réactions et mesures municipales

Face à cette crise, la municipalité a lancé en février 2022 une étude de grande ampleur confiée au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), financée par l'État et la Métropole à hauteur de 254 000 euros. Cette étude vise à identifier les facteurs de fragilité dans le sous-sol du centre ancien et à adapter la gestion du risque.

L'adjoint au logement, Stéphane Pfeiffer, a révélé en décembre 2021 l'existence de 900 arrêtés de périls non suivis depuis dix ans, pointant du doigt la responsabilité de l'ancienne municipalité. Le maire Pierre Hurmic a assuré que personne ne serait laissé sans solution.

Perspectives et enjeux

Les travaux de sécurisation se poursuivent, comme rue de la Rousselle où la dernière phase a débuté en février 2022. Cependant, la bataille judiciaire pour les propriétaires sinistrés promet d'être longue, avec une information ouverte par le parquet de Bordeaux pour blessures involontaires et mises en danger d'autrui.

Cette crise soulève des questions cruciales sur l'entretien du patrimoine ancien, la responsabilité des propriétaires et l'impact des conditions climatiques. Les conclusions de l'étude du CSTB, attendues dans les mois à venir, devraient éclairer les causes de cette série noire et guider les futures politiques de prévention.