Wikidati : le site qui recense les douze affaires judiciaires de Rachida Dati
Wikidati recense les 12 affaires judiciaires de Rachida Dati

Wikidati : un site qui expose les douze affaires judiciaires de Rachida Dati

La longueur de la page web est directement proportionnelle aux déboires judiciaires et à l'irritation croissante de Rachida Dati. Depuis le 27 février, un site internet baptisé « Wikidati » répertorie avec une précision minutieuse les douze affaires judiciaires dans lesquelles la candidate Les Républicains à la mairie de Paris se trouve citée.

Un timing délicat à dix jours du scrutin

Ce lancement intervient à un moment particulièrement sensible, à seulement dix jours du premier tour des élections municipales de 2026. Cette initiative pourrait porter un préjudice significatif à la course de Rachida Dati vers l'Hôtel de Ville de Paris. Un coup dur que l'élue tenterait activement de faire effacer, selon les informations du Nouvel Obs.

L'objectif affiché : questionner l'éthique politique

« Wikidati » est l'œuvre de Kevin Gernier, salarié de l'ONG Transparency International. Il précise avoir mené ce projet durant son temps libre, sans implication de son employeur. Son ambition déclarée est claire : « rappeler pourquoi ces faits posent problème du point de vue de la loi, mais surtout de l'éthique politique et pourquoi ils remettent en cause l'honnêteté et le désintéressement de la candidate », peut-on lire en tête de la page d'accueil.

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Kevin Garnier analyse sur son site : « Si Rachida Dati réussit jusqu'à présent à esquiver toutes les conséquences politiques des accusations qui la visent, c'est grâce à la logique très particulière qui dirige le champ de la responsabilité politique, très différente de la logique de la responsabilité judiciaire. »

Une tentative de fermeture du site

Le créateur du site établit un parallèle avec le cas d'Eva Kaili, ancienne vice-présidente du Parlement européen impliquée dans le Qatargate. Les deux femmes sont soupçonnées d'avoir obtenu des pots-de-vin – jusqu'à 878 355 euros pour Eva Kaili, et jusqu'à 3,1 millions d'euros pour Rachida Dati – en échange de décisions favorables durant leurs mandats d'eurodéputées.

« Les deux bénéficient de la présomption d'innocence dans l'attente de leur procès. Pourtant, Eva Kaili a été déchue de sa vice-présidence dès le lendemain de la perquisition de son domicile en décembre 2022, tandis que Rachida Dati a été perquisitionnée trois fois depuis 2019, et promue dans le même temps au gouvernement », souligne-t-il.

Les douze affaires détaillées

La page propose un rappel exhaustif des douze « affaires » citant Rachida Dati :

  • Corruptions impliquant Carlos Ghosn, GDF-Suez (devenu Engie), le Qatar, l'Azerbaïdjan et Orange.
  • Complicité de détention illégale par le Qatar.
  • Bijoux non déclarés.
  • Prise en charge de frais d'avocats avec de l'argent public.
  • Interventions pour appuyer des demandes de logements sociaux, dont celle de sa sœur.
  • Frais de bouche et de communication payés avec des fonds publics.
  • Tromperie sur son CV pour son entrée à l'École nationale de la magistrature.

Une demande de retrait pour « atteinte à la présomption d'innocence »

L'affaire prend une nouvelle tournure avec des tentatives de procédures baillons. Une ligne a été ajoutée cette semaine sur le site, indiquant une demande de retrait du contenu adressée à l'hébergeur OVH. Cette demande, effectuée seulement trois heures après la mise en ligne du site par Jérôme Sterkers, responsable de campagne de Rachida Dati pour les municipales 2026, serait motivée, selon le Nouvel Obs, par une « atteinte à la présomption d'innocence » et une « diffamation ».

Kevin Gernier reste serein face aux pressions

Face à ces actions, Kevin Gernier affiche son calme. « Sur le site, j'explique bien qu'elle est présumée innocente et qu'il reviendra à la justice de dire s'il y a eu délit ou pas », explique-t-il. « Pour autant, la présomption d'innocence n'est pas un totem d'immunité permettant de taire toute discussion publique sur d'éventuels manquements éthiques », ajoute-t-il avec fermeté.

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Un procès crucial en septembre 2026

Pour rappel, la candidate LR doit être jugée en septembre 2026 pour des chefs d'accusation graves : recel d'abus de pouvoir, abus de confiance, corruption et trafic d'influence passifs. Ce procès, lié à l'affaire Carlos Ghosn et à son mandat au Parlement européen, pourrait lui coûter son éligibilité et, par conséquent, ses ambitions pour le poste de maire de Paris. L'enjeu judiciaire et politique est donc considérable à quelques mois d'un scrutin décisif.