Violences à Toulouse : le président de Nissa Rugby plaide la relaxe en appel
Ce lundi 30 mars 2026, la cour d'appel de Toulouse a examiné le dossier de Jean-Baptiste Aldigé, figure emblématique du rugby français. Âgé de 41 ans, l'ancien président du Biarritz Olympique et actuel patron de Nissa Rugby comparaissait pour des violences sur un restaurateur toulousain, commises en juin 2022 sur le parking du stade Ernest-Wallon.
Une altercation aux origines personnelles
Les faits remontent au 5 juin 2022, mais leurs racines plongent dans l'histoire personnelle du dirigeant. En 2018, la compagne de Jean-Baptiste Aldigé le quitte alors qu'elle est enceinte et refait sa vie avec Vincent, qui assistera même à la naissance de sa fille. Depuis cette époque, les relations entre les deux hommes sont décrites comme particulièrement tendues, marquées par de nombreuses provocations mutuelles.
Ce soir de juin 2022, juste après un match entre le Stade Toulousain et le Biarritz Olympique, les deux hommes se croisent sur le parking du stade. L'altercation qui s'ensuit fait l'objet de versions radicalement opposées devant la justice.
Deux récits contradictoires face à la justice
Devant la cour, Jean-Baptiste Aldigé a présenté sa version des événements avec calme : « J'étais là pour mon travail. J'ai croisé mon ex-compagne qui souhaitait me parler. Des insultes ont été proférées et l'on m'a dirigé vers une autre direction ». Le dirigeant reconnaît une empoignade verbale et physique, mais nie catégoriquement avoir porté des coups : « On s'est insultés, empoignés, mais rien de plus. La police a tout vu ».
La partie civile, représentée par Me Jacques Derieux, soutient une version complètement différente : « Il est venu à notre rencontre, pas l'inverse ». Deux certificats médicaux attestent de traces sur le visage de la victime, bien que la partie civile ne réclame qu'un euro symbolique en réparation.
Le mystère des caméras de surveillance
L'absence de preuves vidéo constitue l'un des éléments les plus troublants de ce dossier. Le stade Ernest-Wallon est pourtant entièrement équipé de systèmes de vidéosurveillance, et ce soir-là, près de 12 000 supporters assistaient au match. Aucune image de la scène n'a pu être produite lors du procès.
Cette situation a visiblement irrité le procureur, qui a déclaré : « Cela rappelle de nombreuses procédures impliquant des rugbymen. Les vidéos ne fonctionnent jamais, les preuves ne sont pas conservées. Est-ce de la solidarité ou une protection pour éviter des sanctions ? Ces vidéos ont existé mais elles ont étrangement disparu ».
Des réquisitions et une défense ferme
Le ministère public a requis la confirmation de la condamnation initiale, assortie d'une amende de 500 euros. La défense de Jean-Baptiste Aldigé a quant à elle plaidé la relaxe pure et simple, dénonçant un dossier « vide de témoignages directs » malgré l'affluence importante ce soir-là.
La cour d'appel a mis sa décision en délibéré. Le verdict sera rendu le 23 juin 2026 à 14 heures, mettant ainsi un terme à cette affaire qui mêle sphère privée et professionnelle du monde du rugby.
Condamné en première instance, Jean-Baptiste Aldigé maintient son innocence et espère obtenir la relaxe en appel. Cette affaire intervient dans un contexte où le dirigeant est également impliqué dans le projet de construction d'un nouveau stade de rugby à Nice, dont le marché a été lancé avec une livraison prévue pour septembre 2026.



