Viol en réunion de 2017 : le parquet requiert 14 ans contre les ex-rugbymen
Ce vendredi 3 avril, le ministère public a prononcé des réquisitions sévères dans le procès en appel du viol en réunion d'une étudiante bordelaise survenu en 2017. L'avocat général Philippe Pique a requis quatorze ans de réclusion criminelle à l'encontre de chacun des trois anciens rugbymen de Grenoble impliqués dans cette affaire. Les faits, qui ont profondément marqué l'opinion publique, s'étaient déroulés dans un hôtel de Mérignac, suite à un match de Top 14 et à une troisième mi-temps alcoolisée.
Un procès à huis clos sous haute tension
Le procès se tient actuellement devant la cour d'assises de la Charente, statuant en appel, et se déroule intégralement à huis clos. Cette mesure exceptionnelle vise à préserver la sérénité des débats, mais elle signifie également que les arguments précis du ministère public ne sont pas divulgués au public. La plaignante, âgée de 20 ans au moment des faits, suit les audiences avec attention, entourée de ses avocats.
Lors du premier procès qui s'est tenu à Bordeaux, deux des accusés, le pilier irlandais Denis Coulson et le talonneur français Loïck Jammes, avaient déjà été condamnés à quatorze ans de réclusion criminelle. Le troisième ligne néo-zélandais Rory Grice, quant à lui, avait écopé d'une peine de douze ans. Le verdict en appel est donc très attendu, avec des plaidoiries de la défense prévues dans l'après-midi.
Réactions contrastées des parties prenantes
Les réactions face aux réquisitions du parquet ont été immédiates et divergentes. Me Denis Fayolle, avocat de Rory Grice, a exprimé son abattement : « Nous sommes abasourdis par la sévérité des réquisitions », déclarant qu'il plaiderait l'acquittement pour son client. À l'inverse, les avocats de la partie civile, Maîtres Grégoire Mouly et Gaessy Gros, ont adopté une position plus mesurée.
Lors d'une suspension de séance, ils ont affirmé : « Nous n'avons aucun commentaire à formuler, aucune velléité punitive. Peu importe la peine, tant que les accusés sont condamnés et que l'on reconnaisse à notre cliente son statut de victime ». Cette déclaration souligne l'importance symbolique de la reconnaissance du préjudice subi par la jeune femme, au-delà de la simple dimension punitive.
Un verdict imminent dans une affaire médiatisée
Les plaidoiries des sept avocats de la défense ont occupé l'après-midi de ce vendredi, dans une atmosphère tendue et confidentielle. Le verdict est attendu dans la nuit ou au petit matin, mettant ainsi un terme à plusieurs années de procédures judiciaires. Cette affaire, qui a défrayé la chronique, a mis en lumière des questions cruciales sur la violence sexuelle dans le milieu sportif et l'impact des comportements collectifs.
Les précédents articles sur le procès en appel ont rapporté des moments clés, tels que les excuses de Denis Coulson à la plaignante ou les descriptions poignantes des faits par les avocats. Ces éléments rappellent que, comme l'a souligné un observateur, « cette femme et ces garçons sont liés à vie par une histoire commune faite de souffrance ». L'issue de ce procès sera donc déterminante pour toutes les parties impliquées.



