Un vigile de Montpellier tire neuf fois sur une voiture en pleine nuit
Le vigile de la discothèque Jungle, située à Montpellier dans le secteur des Prés-d’Arènes, est actuellement en détention provisoire après avoir tiré à neuf reprises sur une voiture au petit matin du 23 novembre 2025. Faouzi L., âgé de 30 ans et ancien gendarme, a utilisé un pistolet automatique pour viser un Range Rover conduit par un couple de clients éconduits de l’établissement. Huit impacts de balles ont été comptabilisés sur le véhicule, transformant la scène en un véritable chaos rappelant un Far West moderne.
Une nuit de fête qui tourne au drame
Les événements ont débuté lorsque le couple, un opticien et une ancienne barmaid, tous deux quadragénaires et sous l’emprise de l’alcool, ont tenté de rentrer dans le Jungle sans respecter la file d’attente. Selon le responsable de la sécurité, l’opticien s’est montré agressif, obligeant le vigile à intervenir avec une balayette. La compagne de l’homme est intervenue et a été maîtrisée, subissant une fracture d’un doigt lors de l’altercation.
Après cet incident, le couple a pris place dans son Land Rover et a foncé vers les deux agents de sécurité, Faouzi L. et son chef. La cour d’appel de Montpellier a noté, en se basant sur les images de vidéosurveillance, que le positionnement des roues du véhicule indiquait une intention claire de viser les agents. Le chef de la sécurité a affirmé avoir été percuté par le rétroviseur, et lors d’un nouveau passage, il a brisé la vitre de la portière avant avec une matraque télescopique.
La question cruciale de la légitime défense
Faouzi L., présentant une barbe noire et des épaules carrées, a reconnu les faits lors de son audition à la cour d’appel le 17 mars 2026. Il a déclaré : « Je regrette profondément mon acte, j’aurais jamais dû faire ça, mais j’ai eu peur pour ma vie… ». Il a expliqué qu’il travaillait avec ce pistolet sans en informer ses employeurs, car il se sentait souvent menacé dans son travail.
La présidente de la chambre de l’instruction a souligné que les images montraient clairement le vigile en train de chambrer une cartouche avant de tirer. Lorsque le conducteur a effectué un demi-tour et a foncé à nouveau vers lui, Faouzi L. a tendu le bras et a tiré huit fois en direction du véhicule. Il s’est ensuite débarrassé de l’arme et des douilles, compliquant l’enquête.
Me Luc Abratkiewicz, avocat de la partie civile, a déploré la scène : « Cette légitime défense est parfaitement contestable, on a tiré à neuf reprises, ce véhicule a été troué, c’est un gruyère ! La scène est hallucinante. ». Une enquête a également été ouverte contre le conducteur pour tentative de meurtre, ajoutant à la complexité du dossier.
Les arguments pour la remise en liberté
Me Hocine Baghdadi, défendant les intérêts du vigile, a insisté pour que son client soit remis en liberté, arguant qu’il a tout avoué et qu’il n’a pas participé à la fracture du doigt de la compagne. Il a souligné que la question de la légitime défense devait être débattue lors du procès. La décision concernant sa remise en liberté est attendue pour le jeudi 19 mars 2026.
Cette affaire met en lumière les tensions et les risques associés au métier de vigile, ainsi que les limites de la légitime défense dans des situations de violence extrême. Les magistrats continuent d’examiner les preuves, notamment les enregistrements de vidéosurveillance, pour déterminer les responsabilités de chaque partie.



