Le collectif de victimes de Joël Le Scouarnec reçu par les autorités pour aborder les dysfonctionnements systémiques
Le collectif de victimes du pédocriminel Joël Le Scouarnec, condamné fin mai 2025 à 20 ans de réclusion criminelle pour des viols et agressions sexuelles sur près de 300 victimes, a été officiellement reçu vendredi au ministère de la Justice. Cette rencontre visait à échanger sur les dysfonctionnements profonds mis en lumière par cette affaire judiciaire retentissante.
Une réunion interministérielle aux résultats mitigés
« Le but était de les recevoir, de pouvoir échanger avec eux […] d’entendre leur expérience de victimes », a indiqué un porte-parole du ministère de la Justice. La réunion d’une heure et demie a rassemblé des représentants des ministères de la Santé, de la Justice et du Haut-commissariat à l’enfance. Cependant, la porte-parole du collectif, Manon Lemoine, est sortie « assez mitigée » de cet échange.
« On n’a pas de calendrier, il n’y aura pas d’autres réunions interministérielles, on doit avancer avec chaque institution […] en y mettant encore une énergie assez considérable », a-t-elle regretté, soulignant le manque de planification concrète pour la suite des actions.
Rappel des faits : la condamnation de Joël Le Scouarnec
Joël Le Scouarnec, ancien chirurgien, a été condamné fin mai 2025 à la peine maximale de 20 ans de réclusion par la cour criminelle du Morbihan. Ses crimes, commis de 1989 à 2014, concernent des viols et agressions sexuelles sur près de 300 victimes, la plupart étant des patients mineurs en « état d’endormissement » au moment des faits. Son arrestation en 2017, suite à une plainte pour viol sur une voisine de six ans à Jonzac (Charente-Maritime), a permis la découverte dans ses ordinateurs de journaux intimes listant ses nombreuses victimes.
Propositions du collectif pour mettre fin aux dysfonctionnements
L’association de victimes, constituée lors du procès, porte un ensemble de propositions visant à corriger les « dysfonctionnements profonds et systémiques » révélés par cette affaire, selon un communiqué publié lundi. Le collectif, qui rassemble environ 70 personnes, appelle « à une redéfinition et une amélioration des lois et des moyens alloués en matière de pédocriminalité, prise en charge des victimes et protection des enfants ».
Parmi les mesures discutées :
- Le collectif a été orienté vers une « direction des victimes et des usagers », destinée à améliorer le parcours des victimes au sein de l’institution judiciaire et qui sera créée le 1er juin.
- Une demande de création au sein de la Haute autorité de santé (HAS) d’une commission permanente dédiée aux violences sexuelles sur mineurs, pour structurer les pratiques professionnelles, donnera lieu à des discussions avec le ministère de la Santé.
- Manon Lemoine a insisté sur la nécessité d’une meilleure communication de l’institution judiciaire avec les victimes de Joël Le Scouarnec, afin d’assurer un suivi plus transparent et efficace.
Ces initiatives visent à transformer les leçons tirées de ce dossier en actions concrètes pour prévenir de futures tragédies et améliorer le soutien aux victimes de pédocriminalité.



