Valence : la justice abandonne les poursuites contre l'ex-gouverneur pour les inondations meurtrières
Valence : pas de poursuites contre l'ex-gouverneur pour les inondations

La justice valencienne écarte les poursuites contre l'ancien gouverneur pour la gestion des inondations catastrophiques

Le Tribunal supérieur de justice de Valence, situé dans l'est de l'Espagne, a officiellement annoncé ce lundi son refus de poursuivre Carlos Mazón, l'ancien président de la région de Valence. Cette décision intervient dans le cadre de l'enquête sur sa gestion des inondations dévastatrices du 29 octobre 2024, qui ont causé la mort de plus de 230 personnes. Les magistrats ont justifié leur position en soulignant l'absence d'« infraction » pénale caractérisée, mettant ainsi un terme, pour l'instant, aux procédures judiciaires engagées contre lui.

Une enquête pour négligence finalement classée

Fin février, la juge en charge de l'enquête sur la gestion des autorités durant la catastrophe avait demandé l'inculpation de Carlos Mazón pour « négligence ». Cependant, les magistrats du tribunal ont répondu dans leur décision rendue publique lundi : « Sans préjuger d'autres responsabilités possibles, il est clair que le président de la région n'a commis aucune infraction à une norme légale en matière d'urgences, aucun devoir spécifique ne lui étant attribué dans ce domaine. »

Cette décision, qui reste susceptible de recours, n'empêche pas la juge de poursuivre ses investigations et de présenter éventuellement une nouvelle demande d'inculpation à l'avenir. Carlos Mazón, membre du Parti populaire conservateur, avait été la cible de vives critiques depuis la tragédie, qui a profondément marqué tout le pays. Contraint à la démission en novembre 2025, soit un an après les événements, il avait alors reconnu des « erreurs » dans sa gestion.

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Une gestion des secours largement critiquée

Les reproches adressés à Carlos Mazón portent principalement sur sa gestion des secours lors des inondations du 29 octobre 2024. Ce jour-là, des crues destructrices ont ravagé la région de Valence et certaines zones d'Andalousie, entraînant un bilan humain très lourd. Pendant la crise, Mazón avait déjeuné pendant plusieurs heures avec une journaliste dans un restaurant de Valence, son emploi du temps précis restant par ailleurs flou.

Son gouvernement régional, responsable de la gestion des situations d'urgence en vertu de la décentralisation en vigueur en Espagne, avait mis de longues heures à envoyer un message d'alerte sur les téléphones portables des habitants pour les avertir du danger imminent. Cette lenteur a été pointée du doigt comme ayant potentiellement aggravé les conséquences de la catastrophe.

Les magistrats se limitent au cadre juridique

Dans leur décision, les magistrats du Tribunal supérieur de justice de Valence ont précisé : « Peu ou rien ne peut être dit d'un point de vue juridico-pénal […] Il ne nous appartient pas, comme le relève à juste titre la juridiction de renvoi, d'analyser d'un point de vue moral ou politique la conduite » de Carlos Mazón. Ils insistent ainsi sur la distinction entre responsabilité pénale et autres formes de responsabilité, telles que morale ou politique.

La colère des familles des victimes s'était notamment manifestée lors des funérailles d'État organisées un an après le drame, fin 2025. Durant ces cérémonies, Carlos Mazón avait été insulté et traité d'« assassin » par certains participants, reflétant l'émotion et le ressentiment persistants au sein de la population affectée.

Cette affaire soulève des questions plus larges sur la responsabilité des dirigeants en cas de catastrophes naturelles et les limites du cadre juridique pour sanctionner d'éventuelles négligences. Alors que la décision judiciaire apporte une conclusion provisoire, le débat public et les investigations pourraient se poursuivre, notamment si de nouveaux éléments venaient à être découverts.

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