Un trafiquant de drogue rochelais condamné à trois ans de prison ferme
Trafiquant rochelais condamné à trois ans de prison ferme

Un trafiquant de drogue rochelais condamné à trois ans de prison ferme

Ce jeudi 19 mars, un Rochelais de 24 ans a comparu devant le tribunal correctionnel de La Rochelle pour trafic de stupéfiants. Le jeune homme, El Mahdi Baamrane, a affirmé avoir été contraint de reprendre ses activités illicites afin de payer ses dettes, qui s'élevaient initialement à 9 000 euros auprès de ses fournisseurs. À sa sortie de prison, cette dette avait plus que triplé, dépassant les 30 000 euros.

Une saisie policière importante

Vendredi 6 février, la police a effectué une perquisition au domicile de sa mère, situé à Mireuil, où résidait l'accusé. Lors de cette intervention, les forces de l'ordre ont découvert une somme d'argent conséquente, ainsi qu'une quantité non négligeable de cocaïne, d'herbe et de résine de cannabis. Trois téléphones portables et deux balances de précision ont également été saisis, confirmant l'ampleur du trafic.

L'enquête et l'arrestation

L'enquête a débuté la veille, le 5 février, lors d'un contrôle routier banal place de Verdun à La Rochelle. Deux occupants d'une Mercedes, consommateurs de stupéfiants, ont été interceptés. Dans l'habitacle du véhicule, de la drogue a été découverte. En garde à vue, les deux hommes ont fourni le signalement précis de leur fournisseur, correspondant à celui d'El Mahdi Baamrane.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Sur la base d'un tapissage photographique, ils ont formellement identifié le jeune homme, déjà connu des services de police avec onze condamnations à son actif, dont cinq en lien direct ou indirect avec la drogue. Son interpellation a eu lieu sur son lieu de travail, dans les cuisines d'un Ehpad de La Rochelle.

Un parcours marqué par la drogue

À la barre, El Mahdi Baamrane a exprimé ses regrets et retracé son parcours depuis son arrivée du Maroc à l'âge de 10 ans. « Je n'ai pas bien su gérer ma jeunesse, mon entourage », a-t-il déclaré, cherchant à minimiser sa responsabilité. Consommateur de stupéfiants depuis plusieurs années, il avait déjà été interpellé et jugé pour un premier trafic en 2022, lors duquel des marchandises d'une valeur estimée à 9 000 euros avaient été saisies.

Après sa sortie de prison, il a expliqué avoir dû quitter la Charente-Maritime en raison d'une interdiction de paraître dans le département. Il s'est alors installé chez son frère à Paris, où tout semblait se passer bien. Cependant, sa rencontre avec une Rochelaise et la naissance de leur enfant l'ont poussé à demander la levée de cette interdiction pour pouvoir voir son fils, ce qui l'a ramené dans la région en février 2025.

La pression des trafiquants

C'est à ce moment que les trafiquants ont resserré leur emprise sur lui. « Les trafiquants m'ont remis le grappin dessus. Ils voulaient que je rembourse. Ils avaient besoin de main-d'œuvre. J'ai refusé mais un jour, ils ont envoyé deux types chez ma mère. J'ai compris qu'ils ne rigolaient pas. J'ai recommencé à bosser pour eux », a-t-il témoigné, justifiant ainsi sa reprise des activités illicites par la peur et la nécessité de rembourser sa dette.

Une défense jugée insuffisante

En garde à vue comme à l'audience, il a refusé de divulguer les noms de ses supérieurs, invoquant la crainte de représailles. « J'ai peur de ces personnes. Si c'était pour m'enrichir, j'aurais une belle voiture. Je voulais juste rembourser ma dette », a-t-il plaidé. Cependant, le Ministère public a rejeté cette défense, la qualifiant de « classique pour minimiser sa responsabilité ».

L'accusation a souligné qu'au moment de son interpellation, El Mahdi Baamrane était sous bracelet électronique pour trafic, en train d'exécuter un travail d'intérêt général et sous contrôle judiciaire dans une autre affaire. « Il a fait trois doigts d'honneur à la justice », a ajouté le procureur, requérant quatre ans de prison ferme.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

La question du maintien sur le territoire

Détenteur d'un titre de séjour, la question de son éventuel renvoi du territoire français s'est posée. Son avocat, Me Quentin Loisel, a plaidé en sa faveur : « Vous n'allez pas le renvoyer dans un pays où il ne connaît personne et dont il ne parle pas la langue ». Finalement, le tribunal n'a pas prononcé cette mesure, mais a imposé une interdiction de paraître en Charente-Maritime pendant cinq ans.

La sentence du tribunal

Le tribunal a condamné El Mahdi Baamrane à trois ans de prison ferme avec mandat de dépôt. « La solution, c'est de quitter la région », avait-il suggéré lors de l'audience. Un vœu qui a été exaucé par la décision judiciaire, marquant la fin de cette affaire qui illustre les rouages complexes du trafic de stupéfiants et les pressions exercées sur les petits trafiquants.