Un changement de présidence forcé par la justice
Jean Thévenot, président de l'Ordre régional des médecins d'Occitanie depuis 2019, a été contraint de quitter ses fonctions après que le Conseil d'État a rejeté son pourvoi contre un blâme infligé par l'Ordre national des médecins. Cette sanction, prononcée le 3 septembre 2025, était jugée incompatible avec l'exercice de ses responsabilités représentatives. Étienne Moulin, ancien président de l'Ordre des médecins du Tarn, lui succède immédiatement à la tête de l'institution régionale.
Des accusations de violences psychologiques confirmées
Le litige trouve son origine dans des plaintes déposées par deux anciennes salariées, Caroline R. et Carole C., qui accusent Jean Thévenot de violences psychologiques. Depuis 2020, ces dernières ont engagé plusieurs actions en justice, incluant des procédures prud'hommales, pénales et ordinales. La chambre disciplinaire nationale de l'Ordre des médecins a retenu des faits graves, mentionnant dans son jugement des pratiques d'espionnage de collègue, l'envoi de SMS et courriels vexatoires, ainsi qu'une méconnaissance du code de déontologie.
Ces éléments ont été qualifiés de manquements déontologiques sérieux, justifiant pleinement le blâme administratif. Le code de la santé publique stipule en effet qu'un avertissement ou un blâme de l'Ordre rend impossible la poursuite de fonctions représentatives, plaçant Jean Thévenot dans une situation intenable.
Le Conseil d'État ferme définitivement la porte
Dans une décision rendue le 22 décembre 2025 et rendue publique le 16 février 2026, le Conseil d'État a examiné le recours de l'ancien président. Jean Thévenot demandait l'annulation de la sanction, arguant d'une erreur de droit, d'une irrégularité de procédure, d'une méconnaissance du principe d'impartialité et d'une insuffisance de motivation. Il estimait également que le blâme était hors de proportion avec la gravité des faits reprochés.
La plus haute juridiction administrative a catégoriquement rejeté tous ces arguments, confirmant ainsi la validité de la décision disciplinaire. Ce rejet met un terme définitif à toute possibilité de maintien de Jean Thévenot à la tête de l'Ordre régional des médecins d'Occitanie, scellant son départ forcé.
Des procédures judiciaires toujours en cours
L'affaire est loin d'être close pour l'ancien président. Le 26 février 2026, la cour d'appel de Paris examinera son appel dans une plainte en diffamation contre ses ex-salariées, plainte initialement déboutée. Parallèlement, l'instruction de la plainte pénale déposée en mars 2021 par Caroline R. et Carole C. se poursuit activement.
Me Luc Abratkiewicz, avocat de Caroline R., affirme que plusieurs investigations ont déjà été menées et dénonce une tentative de bâillonnement des deux femmes qui ont osé dénoncer les agissements de leur ancien employeur. Cette dimension pénale ajoute une couche supplémentaire de complexité à ce dossier déjà chargé.
Étienne Moulin tourne la page et se projette
Le nouveau président, Étienne Moulin, contacté par Midi Libre, adopte une posture de continuité apaisée. Il rend hommage à son prédécesseur, le décrivant comme quelqu'un de valeur et de remarquable, tout en reconnaissant que les problèmes de gestion du personnel rencontrés n'avaient rien à voir avec la compétence médicale.
Conscient que la situation reste tendue, l'ancien président de l'Ordre du Tarn et conseiller départemental délégué à la santé affiche sa volonté de retisser les liens avec les institutions, les partenaires et les ordres professionnels. Ma priorité sera l'accès aux soins, annonce-t-il, tout en insistant sur sa méthode collaborative : Je ne travaille jamais en solitaire. Son objectif est clair : relancer une dynamique positive au sein de l'Ordre régional des médecins d'Occitanie.



