La succession de Karl Lagerfeld enfin débloquée à Monaco
Selon nos informations, le tribunal judiciaire de Monaco a validé, le 4 décembre, l'inventaire de la succession de l'ancien directeur artistique de Chanel. Presque sept ans après la mort du couturier, cette étape cruciale marque un tournant dans le long processus de règlement de son héritage.
Un processus complexe et attendu
L'expert-comptable monégasque Christian Boisson, chargé de répertorier les multiples possessions de Karl Lagerfeld, avait engagé des démarches judiciaires pour obtenir une clôture. Le dépôt de la déclaration de succession était un rouage nécessaire pour avancer, permettant un accord fiscal entre les sept légataires et l'administration, finalisé en juin 2024.
Les héritiers désignés par Karl Lagerfeld ont obtenu un compromis favorable. Ils ont accepté de ne pas contester les pénalités fiscales en échange d'un allégement significatif de la dette, facilitant ainsi la distribution des biens.
Les bénéficiaires et les biens en jeu
Lorsque le designer est décédé d'un cancer à 85 ans en février 2019, il a laissé un testament chez Me Rey, notaire à Monaco. Sept bénéficiaires sont nommés : Baptiste Giabiconi, Sébastien Jondeau, Brad Kroening, Virginie Viard, Amanda Harlech, Sophie de Langlade et Caroline Lebar. Lagerfeld a défini les pourcentages de redistribution après la vente des biens, sans oublier des legs spécifiques, comme les bijoux pour son amie Caroline de Monaco ou 1,5 million d'euros pour Françoise Caçote, la gardienne de son chat Choupette.
Karl Lagerfeld vivait grand train, avec des possessions telles qu'un appartement quai Voltaire, un pavillon de chasse à Louveciennes, et d'autres biens immobiliers à Paris. Cependant, malgré des revenus confortables de Chanel, il avait accumulé des dettes, notamment fiscales, estimées initialement à 20 millions d'euros, mais en réalité bien supérieures.
Les ventes et les dettes
Depuis 2019, les ventes aux enchères d'objets et de collections du couturier ont rapporté près de 25 millions d'euros. L'appartement du quai Voltaire s'est vendu 10 millions d'euros, et d'autres biens immobiliers pour environ 7 millions d'euros. Malgré cela, le blocage a persisté en raison du montant élevé de la dette fiscale.
Les montages fiscaux complexes
Pour comprendre l'origine des difficultés, il faut remonter à 2013. Karl Lagerfeld, après avoir critiqué le gouvernement socialiste de François Hollande, a subi des perquisitions et un contrôle fiscal. Sont alors découverts les montages acrobatiques de son comptable Lucien Frydlender, qui avait créé des holdings aux États-Unis, en Angleterre et en Irlande pour gérer les revenus du résident monégasque.
Lagerfeld a fait l'objet d'un redressement important, qu'il a contesté en invoquant un rescrit ancien négocié sous Dominique Strauss-Kahn. En 2024, la dette fiscale a pu être réduite, mais la question reste de savoir si les ventes couvriront les dettes restantes. Un connaisseur du dossier prédit : « Nous aurons la réponse en 2026. »
Droit de réponse et clarifications
Il est important de noter que des informations initiales ont été rectifiées. Christian Boisson, expert-comptable et administrateur judiciaire, a précisé que l'inventaire de la succession n'est pas encore finalisé et demeure en cours d'établissement. Il n'a procédé à aucune saisine des instances judiciaires pour une clôture, une démarche prématurée à ce stade. Sa mission se poursuit dans le respect du cadre confié, jusqu'à l'achèvement complet de l'inventaire, préalable indispensable à toute décision ultérieure.



