Le Sénat veut punir l'exploitation sexuelle en ligne des agents Onlyfans et Mym
Sénat: punir l'exploitation sexuelle en ligne des agents Onlyfans

Le Sénat s'attaque aux dérives des agents de plateformes de contenus pour adultes

Le Sénat examine ce mardi 10 février une proposition de loi visant à créer l'infraction d'exploitation sexuelle en ligne pour réprimer les pratiques abusives des agents et managers de créatrices de contenus sur des plateformes comme Onlyfans et Mym. Portée par la sénatrice LR Marie Mercier, cette initiative législative entend combler un vide juridique face à ce qu'elle qualifie de "proxénètes qui se disent managers".

Une nouvelle infraction pour protéger les créatrices

Le texte prévoit de punir l'exploitation sexuelle en ligne de sept ans de prison et 150.000 euros d'amende. Cette mesure vise spécifiquement les situations où des créatrices subissent des pressions, menaces, violences ou abus d'autorité de la part de leurs agents. "On est très en retard!", alerte Marie Mercier, qui dénonce une "chaîne qui se fait des sous sur ces femmes".

Des commissions jugées abusives

Le modèle économique de ces plateformes révèle des déséquilibres préoccupants. Alors qu'Onlyfans et Mym prélèvent généralement des commissions de 20 à 25% sur les revenus des créatrices, les agents peuvent quant à eux prendre jusqu'à 60% des gains. "C'est quasi de l'esclavage numérique", déplore la sénatrice de Saône-et-Loire, qui souligne que certains agents obligent les créatrices à produire des contenus de plus en plus extrêmes.

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Les dérives documentées par un rapport parlementaire

Un rapport publié en janvier par les députés Arthur Delaporte et Stéphane Vojetta a documenté plusieurs cas d'abus:

  • Vol d'argent via des relevés d'identité bancaires modifiés
  • Pression pour des contenus de plus en plus fréquents et extrêmes
  • Vol de contenus pour une monétisation à l'insu des créatrices
  • Harcèlement moral et isolement des victimes

Le rapport dénonce également des approches de mineures sur les réseaux sociaux par des managers Onlyfans, qualifiées de "dérive prédatrice".

Des peines alourdies pour les victimes mineures

La proposition de loi prévoit des sanctions renforcées lorsque les victimes ont moins de 18 ans: 10 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende. Bien que les plateformes interdisent l'accès aux mineurs, les rapporteurs notent que "les contournements persistent et doivent être identifiés".

Un vide juridique à combler

Le texte de Marie Mercier répond à une lacune législative: sans contact physique, les relations entre créatrices et clients ne sont pas considérées comme de la prostitution. "C'est là que ces proxénètes 2.0 s'engouffrent", explique la sénatrice. La commission des lois du Sénat a cependant écarté la création d'une infraction punissant les acheteurs de contenus individualisés, estimant que cela porterait "une atteinte excessive à la liberté d'échanger ces contenus entre adultes consentants".

Un contexte international évolutif

En 2025, la Suède a légiféré sur le sujet en criminalisant l'achat de services sexuels personnalisés en ligne. En France, après son examen au Sénat, la proposition de loi devra encore passer à l'Assemblée nationale pour être adoptée. Cette initiative intervient alors que la pandémie a contribué à faire exploser l'activité des plateformes de partage de contenus, dont certains à caractère sexuel ou pornographique.

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