L'ancien président confronté à la riposte de son ex-bras droit
Dans le cadre du procès en appel concernant le financement libyen de sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a subi ce mardi une attaque frontale de la part de son ancien secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant. Absent pour des raisons de santé, ce dernier a mandaté son avocat pour répliquer publiquement aux accusations proférées la veille par l'ancien chef de l'État.
Une mise en cause qui provoque une réaction cinglante
Nicolas Sarkozy avait exprimé sa « surprise » face à certains éléments du dossier impliquant Guéant, laissant entendre que son ancien collaborateur aurait pu agir par « intérêt personnel ». Par écrit, Claude Guéant a vivement dénoncé ces « mises en cause extrêmement violentes sur [sa] probité », affirmant qu'elles ont causé une « profonde meurtrissure ».
« Je n'ai jamais de ma vie reçu ni sollicité d'argent de quiconque. Le sous-entendre est grave », a-t-il martelé. Son avocat, Me Bouchez El Ghozi, a passé deux heures à souligner les incohérences de Sarkozy, qui qualifiait pourtant Guéant d'« honnête homme » lors du premier procès il y a un an.
Les rencontres secrètes avec le beau-frère de Kadhafi au cœur du scandale
L'affaire repose sur des rencontres clandestines organisées fin 2005 entre Claude Guéant, Brice Hortefeux et Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi. Ce dernier, condamné à perpétuité en France pour son rôle dans l'attentat du DC-10 d'UTA ayant fait 170 morts, aurait proposé de financer la campagne de Nicolas Sarkozy en échange d'une grâce ou d'une amnistie. En première instance, l'ancien président avait été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs.
Déstabilisé, Nicolas Sarkozy a tenté de justifier son revirement : « Peut-être qu'il m'a fallu un temps de digestion. Parfois j'ai trouvé que certaines choses étaient un peu indigestes. Indigeste, c'est le mot. Et encore je suis très calme ».
Un climat de tensions et de regrets
Dans ce contexte explosif, l'ancien président a déclaré comprendre « qu'il y ait pu avoir beaucoup de tristesse, de regrets, d'aigreur » chez Claude Guéant. « Mais quand je suis rentré à la [prison de] la Santé, vous croyez que j'avais des sentiments grandioses à l'endroit de mes amis qui avaient rencontré Senoussi ? », a-t-il lancé avec amertume.
Cette journée d'audience a donc mis en lumière les fractures profondes au sein de l'ancienne équipe présidentielle, ravivant les tensions autour d'un dossier qui continue de secouer la classe politique française.



