Affaire Sarah Halimi : une nouvelle requête pour relancer l'instruction judiciaire
Neuf années se sont écoulées depuis les événements tragiques, et la procédure judiciaire entourant le meurtre de Sarah Halimi connaît un rebondissement significatif. Ce mercredi, les avocats représentant la famille de la victime ont officiellement déposé une requête devant la cour d'appel de Paris. Leur objectif est clair : relancer l'instruction en affirmant détenir des éléments inédits qui visent directement Kobili Traoré, l'individu reconnu pénalement irresponsable en 2021.
Des éléments nouveaux pour contester l'irresponsabilité pénale
Dans un communiqué transmis à l'Agence France-Presse, Mes Olivier Pardo et Raphaële Bialkiewicz ont exposé leurs arguments. Ils évoquent la présence de « éléments nouveaux » qui, selon eux, « mettent à bas l'irresponsabilité pénale de M. Kobili Traoré ». Les avocats citent plusieurs points cruciaux :
- La consommation de crack antérieure au passage à l'acte,
- La préméditation présumée,
- L'exploitation d'un enregistrement audio réalisé au moment de la défenestration de Sarah Halimi.
Cet enregistrement audio, selon leurs déclarations, « démontre la conscience politique et antisémite » du suspect. Ils estiment que ces éléments sont « incompatibles avec une abolition du discernement », remettant ainsi en question les conclusions psychiatriques précédentes.
Contexte : antisémitisme et « bouffée délirante »
En avril 2021, la Cour de cassation avait confirmé l'absence de procès, tout en reconnaissant le caractère antisémite du meurtre. Les experts psychiatriques avaient alors conclu à une « bouffée délirante » au moment des faits. Kobili Traoré, consommateur régulier de cannabis, avait violemment agressé sa voisine de 65 ans avant de la jeter du balcon, en criant « Allah Akbar ».
Développements parallèles : une affaire distincte impliquant Traoré
Par ailleurs, Kobili Traoré fait actuellement l'objet d'une mise en examen et est écroué dans une affaire distincte survenue le 27 janvier. Cette affaire est liée à une agression sur fond de litige autour de stupéfiants. La victime affirme avoir été attaquée à son domicile par trois individus « le visage dissimulé », aspergée de gaz lacrymogène et violentée. Le parquet précise qu'un psychiatre a attesté lors de sa garde à vue qu'il ne présentait « pas de symptomatologie aiguë (ni syndrome délirant ni désorganisation) ».
Les avocats de la famille Halimi restent déterminés : « L'affaire Sarah Halimi n'est pas terminée », assurent-ils, soulignant leur engagement à poursuivre la quête de justice pour cette tragédie qui a marqué la société française.



