Saintes : six mois ferme pour des parents ayant abandonné leurs filles dans un appartement insalubre
Saintes : six mois ferme pour abandon d'enfants dans un logement insalubre

Une condamnation pour abandon d'enfants dans des conditions insalubres

Jeudi 12 mars, le tribunal judiciaire de Saintes a prononcé une peine de six mois de prison ferme avec bracelet électronique contre une femme de 42 ans et un homme de 51 ans. Les deux parents ont été reconnus coupables de soustraction à leurs obligations légales, compromettant la santé, la sécurité et l'éducation de leurs enfants entre avril et août 2024.

Un appartement aux conditions alarmantes

Le 29 août 2024, lorsque les gendarmes ont pénétré dans le petit appartement situé dans un village de Haute-Saintonge, le constat s'est révélé particulièrement glaçant. Alertés par des voisins inquiets, les forces de l'ordre ont découvert un logement aux conditions de vie extrêmement précaires.

La scène décrite par les enquêteurs était particulièrement édifiante : une télévision allumée sur une table basse, un matelas posé directement sur le sol – souillé par endroits par le chien –, de la vaisselle sale débordant de l'évier, des croûtes de pizzas éparpillées au sol, et même un congélateur entreposé dans la douche. Un second matelas, dépourvu d'oreiller, occupait l'une des chambres.

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Deux adolescentes livrées à elles-mêmes

Dans cet environnement insalubre vivaient Julia, 15 ans, et sa demi-sœur Romane, alors âgée de 9 ans. Selon les témoignages recueillis, la mère était très absente du domicile, tandis qu'un homme – identifié comme étant le père de Romane – apportait occasionnellement des courses.

Les investigations ont révélé que les deux adolescentes n'étaient plus scolarisées depuis le mois de mai 2024, alors que l'instruction est obligatoire jusqu'à 16 ans. Plus préoccupant encore, Romane nécessitait un traitement médical à vie, une responsabilité qui incombait alors à sa demi-sœur aînée.

Des parents minimisant la gravité des faits

Devant le tribunal correctionnel de Saintes, la mère a reconnu les faits tout en semblant sous-estimer leur gravité. « Ça n'aurait pas dû arriver, je n'ai pas pensé à tous les dangers », a-t-elle déclaré, expliquant qu'elle vivait alors chez son nouveau compagnon à 20 kilomètres de distance.

Le père de Romane, quant à lui, a adopté une attitude tout aussi déconcertante, affirmant qu'il pensait sa fille sous la surveillance de sa mère. Interrogé par la présidente Natacha Lefevbre sur pourquoi il n'avait pas emmené les adolescentes avec lui après les avoir trouvées seules, il a répondu de manière évasive : « Pour ma défense, les filles me disaient que leur mère venait de partir la veille ou l'avant-veille. »

Une peine alignée sur les réquisitions du parquet

Le procureur de la République avait requis six mois de prison ferme avec aménagement (bracelet électronique) ainsi que le retrait de l'exercice de l'autorité parentale. Le tribunal a suivi le ministère public concernant la peine d'emprisonnement, mais n'a pas prononcé le retrait de l'autorité parentale.

Chacune des adolescentes se verra attribuer 1 500 euros au titre du préjudice moral subi. L'avocate de la mère, Me Chaleix, a souligné que sa cliente était « rongée par la culpabilité », tout en reconnaissant le caractère « détestable » de la situation.

Actuellement, les deux adolescentes sont placées en familles d'accueil où elles se portent bien et bénéficient d'une scolarité normale, marquant ainsi un nouveau départ après cette éprouvante expérience.

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