Près de dix ans après l'attentat du 14-juillet 2016 à Nice, Sandra Bertin, l'ancienne cheffe du centre de supervision urbain (CSU) chargée de l'exploitation des caméras de vidéosurveillance le soir de l'attaque, a été relaxée ce lundi 6 juillet 2026 par le tribunal correctionnel de Nice, présidé par Marion Menot. L'attentat avait coûté la vie à 86 personnes.
Des pressions venues de Paris
Sandra Bertin affirme avoir subi des pressions émanant du ministère de l'Intérieur afin de présenter un dispositif de sécurité plus important qu'il ne l'était réellement dans un rapport officiel. Lors de l'audience du 2 juin dernier, Sandra Bertin, aujourd'hui directrice de la police municipale de Nice, a maintenu la version qu'elle défend depuis près de dix ans.
Poursuivie dans le cadre d'une citation directe pour dénonciation calomnieuse par une commissaire de police, le tribunal a estimé que l'élément intentionnel de l'infraction n'était pas caractérisé. En conséquence, Sandra Bertin a été relaxée. La partie civile a également été déboutée de l'ensemble de ses demandes de dommages et intérêts.
Un précédent en 2017
Déjà poursuivie en diffamation par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, elle avait été relaxée en 2017, les magistrats ayant retenu sa bonne foi. Cette nouvelle décision confirme la position de l'ex-cheffe du CSU, qui n'a pas changé en dix ans.
Selon l'avocat de Sandra Bertin, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, « cette relaxe est une victoire pour la vérité et pour ceux qui osent dénoncer des pressions institutionnelles ». Il a ajouté que « sa cliente a toujours agi dans l'intérêt de la transparence et de la sécurité publique ».



