Pyrénées-Atlantiques : les refus d'obtempérer explosent, les policiers réclament des peines plus fermes
Refus d'obtempérer en hausse : les policiers exigent des peines plus fermes

Explosion des refus d'obtempérer dans les Pyrénées-Atlantiques

Face à l'augmentation spectaculaire des refus d'obtempérer depuis le début de l'année 2026, les syndicats de police des Pyrénées-Atlantiques tirent la sonnette d'alarme. Avec plusieurs agents percutés et blessés, ils exigent des réponses pénales plus fermes pour lutter contre ce qu'ils qualifient de sentiment d'impunité grandissant chez certains conducteurs.

Des chiffres alarmants sur la Côte basque et à Pau

Les statistiques révèlent une situation préoccupante :

  • 38 refus d'obtempérer recensés sur la Côte basque depuis janvier 2026 (26 à Bayonne, 8 à Saint-Jean-de-Luz et 4 à Biarritz)
  • Une vingtaine de cas dans l'agglomération de Pau
  • En moyenne, un refus tous les deux jours au Pays basque et un tous les 1,4 jour à l'échelle départementale
  • 146 refus recensés en 2025 dans le département, uniquement en zone police

"Ce qui nous inquiète, c'est le nombre de collègues blessés", déplore Laurent Vitiello, secrétaire départemental du syndicat Alliance police nationale 64. "Certains conducteurs n'ont pas conscience des risques qu'ils font courir aux policiers, à la population et à eux-mêmes. Ces incidents surviennent aussi bien la nuit qu'en pleine journée, à la sortie des écoles ou les week-ends, avec des piétons frôlés ou des familles évitées de justesse."

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Une série d'incidents violents depuis janvier

Dès le 1er janvier, un policier a été violemment percuté à Pau, subissant des blessures aux vertèbres et au genou. La liste des incidents s'allonge :

  1. Un cycliste percuté à Bayonne le 10 janvier
  2. Un policier blessé le 5 février dans la ZUP
  3. Deux policiers de la BAC blessés le 18 février
  4. Quatre autres agents le 8 mars
  5. Un policier percuté par un motard le 20 mars

"À chaque fois, on se dit que cela aurait pu être plus dramatique", souligne Nicolas Gallais, délégué départemental d'Unsa police 64. "Depuis le début de l'année, on a franchi un palier. Le nombre de refus est démentiel, il faut endiguer ce fléau qui est mortel. Ce n'est pas possible de prendre la fuite pour une infraction mineure."

Le sentiment d'impunité et les demandes des syndicats

Pour les représentants syndicaux, cette augmentation s'explique par un sentiment d'impunité des conducteurs qui "n'ont plus forcément peur de la police et des conséquences judiciaires". Ils dénoncent des peines "incohérentes" et réclament une réponse pénale plus ferme.

"Dès qu'on touche un policier, la personne doit aller en prison", estime Laurent Vitiello, qui milite pour une meilleure protection de ses collègues.

L'ombre de l'affaire Nahel et le dilemme des armes

Amandine Vanhoye, déléguée départementale adjointe à Alliance police nationale 64, explique le dilemme des agents : "Quand il y a un refus, tout va très vite. Le policier a une demi-seconde pour prendre une décision. S'il doit sortir son arme, il doit respecter un cadre légal précis. Il ne peut pas tirer en l'air ou dans les pneus : ça, c'est dans les films."

Christophe Labarthe, représentant départemental d'Un1té 64, ajoute : "Nos policiers ont tous en tête l'affaire Nahel. Certains n'osent plus sortir leur arme. Personne n'a envie de commettre une erreur ou de terminer devant une cour criminelle."

Propositions syndicales et réponses des magistrats

Les syndicats avancent plusieurs propositions :

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  • Alliance souhaite instaurer la présomption de légitime défense pour tous les policiers
  • Un1té 64 plaide pour la formation de "magistrats spécialisés qui connaissent ces situations"
  • L'Unsa réclame de "nouveaux outils, une nouvelle méthode et une nouvelle doctrine à tous les niveaux"

En janvier dernier, le Syndicat de la magistrature (SM) s'est opposé à la proposition de loi des Républicains visant à introduire la présomption de légitime défense, estimant qu'il s'agissait d'une "grave atteinte au droit à la vie". L'Union syndicale des magistrats (USM) privilégie une justice individualisée, au cas par cas, tout en soulignant que les magistrats doivent composer avec un manque de moyens et un engorgement des tribunaux et des prisons. À Bayonne, la Maison d'arrêt affiche environ 250% de taux d'occupation.

La situation reste tendue dans les Pyrénées-Atlantiques, où policiers et magistrats cherchent des solutions face à cette vague de refus d'obtempérer qui met en danger la sécurité de tous.