Procès à Saintes : 23 ans de réclusion pour le meurtre d'un homme dans un camp de voyageurs
Procès à Saintes : 23 ans de réclusion pour un meurtre

Un verdict lourd après un procès sous haute tension à Saintes

Le procès qui se tenait sous haute tension, à Saintes, depuis lundi, s’est conclu par la condamnation du principal accusé, David Bourget, à vingt-trois ans de réclusion criminelle. Son petit frère, Moïse Bourget, et son beau-père, Nicolas Holderbaum, sont acquittés du meurtre d'Antonio Delorme, survenu le 20 août 2022 dans un camp des gens du voyage à Rochefort.

Une audience chaotique et des émotions contenues

Il y a bien eu des manifestations d’humeur et des regards noirs lancés vers David Bourget, passé aux aveux mercredi après-midi. Mais la détresse et la colère ont, cette fois, été maîtrisées. En cette fin de journée de jeudi 26 février, après trois jours d’audience chaotique, une certaine lourdeur a envahi la salle des pas perdus du palais de justice de Saintes.

Sur les marches qui mènent à la salle d’audience, les proches d’Antonio Delorme, la victime, font masse. Ils portent un t-shirt avec des photos de celui qui a été tué. Parmi eux, sa veuve Gina, et leurs quatre enfants : Sullivan, 22 ans, Sonora, 25 ans, Cheyna 16 ans et Maiwenn, 13 ans.

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En bas, des agents de la CRS (Compagnie républicaine de sécurité) se tiennent prêts à contenir tout débordement. La grande porte grise s’ouvre et chacun rentre calmement, après s’être débarrassé des canettes et petites bouteilles. À l’intérieur, attendent encore 28 CRS et agents de la Police nationale de Charente-Maritime. Même le procureur du tribunal judiciaire de Saintes, Benjamin Alla, et le sous-préfet, Guillaume Brault, sont présents.

Le verdict et les réactions

À 17h30, le verdict tombe : vingt-trois ans d’emprisonnement pour David Bourget. Au prononcé de la condamnation, les proches manifestent leur joie par des applaudissements, ce qui leur vaut un énième rappel à l’ordre du président Franck-Wastl-Deligne.

La veille, mercredi soir, l’avocat général Clément Incerti avait requis une peine de vingt-cinq ans de réclusion criminelle. Pour lui, l’intention de tuer ne faisait aucun doute tant les blessures de la victime témoignaient d’un véritable acharnement, notamment sur le visage et la tête.

Jeudi matin, Me Gonthier, pour la défense, avait appelé « à ne pas céder à la surenchère de la répression. La qualification de meurtre est injustifiée. Non, il n’a pas eu l’intention de tuer. »

Acquittements et condamnations secondaires

Moïse Bourget, le grand frère de David Bourget, emprisonné depuis trois ans et victime de représailles suite à la mort d’Antonio Delorme, est acquitté et remis en liberté. Disculpé par les aveux de son frère, il a surtout été aidé par un manque de preuves de sa participation éventuelle au meurtre, cette nuit-là. « Même s’il y a eu des mensonges de votre part, rien ne permet d’établir avec certitudes des actes de violence », a expliqué le président Wastl-Deligne.

Restait un troisième homme, Nicolas Holderbaum, 71 ans, beau-père des frères Bourget. Il comparaissait libre mais n’assistait plus au procès depuis mardi après qu’un membre du public a tenté de s’en prendre à lui, entre bagarres et crises de nerfs en pleine audience. Il est acquitté du meurtre mais est condamné à trois ans d’emprisonnement pour les délits de « recel de cadavre » et « modification d’une scène de crime ».

Les six jurés citoyens et les trois magistrats professionnels ont considéré qu’ « en jetant de l’eau » sur le corps ensanglanté de la victime, il avait voulu « faire disparaître des traces » et non pas le soigner. Par cette décision, la Cour a rejoint les réquisitions de l’avocat général, marquant la fin d'un procès intense et émotionnellement chargé.

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