Procès Samuel Paty : la cour ordonne une nouvelle audition de Nuñez après un mail personnel
Procès Paty : nouvelle audition de Nuñez ordonnée

La cour d'assises spéciale de Paris exige une nouvelle audition de Laurent Nuñez

Dans le cadre du procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty, la cour d'assises spéciale de Paris a rendu une décision significative lundi. La présidente de la cour a ordonné que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, soit entendu à nouveau sur les mêmes questions qui lui avaient été précédemment posées. Cette nouvelle audition devra impérativement se dérouler avant mercredi à 10h30, mais cette fois-ci par l'intermédiaire d'un haut magistrat désigné spécialement pour cette mission.

Un mail personnel à l'origine de la décision judiciaire

Cette décision judiciaire fait suite à un événement survenu dimanche soir à 22h57. Laurent Nuñez a personnellement adressé un courrier électronique à la magistrate présidant la cour, un acte qualifié de « sans respect des formalités » prévues par le code de procédure pénale. Cet envoi direct, contournant les canaux officiels, a immédiatement suscité des réactions et des interrogations sur la régularité de la procédure.

Le témoignage écrit initial et ses répercussions

Initialement, Laurent Nuñez avait fourni un témoignage écrit en sa qualité d'ancien coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme à l'Élysée. Interrogé spécifiquement sur les conséquences potentielles d'une désignation publique visant une personne accusée d'avoir offensé l'Islam, il avait répondu négativement à la question de savoir si cela pouvait « objectivement l'exposer à un danger grave pour sa sécurité ». Cette position avait été favorablement accueillie par la défense d'Abdelhakim Sefrioui, militant islamiste rejugé pour son rôle présumé dans la campagne de haine ayant précédé l'assassinat du professeur d'histoire-géographie le 16 octobre 2020.

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Les réactions contrastées et les critiques de la défense

Cependant, cette prise de position a rapidement provoqué une réaction de l'entourage du ministre. Dès vendredi soir, des proches ont affirmé à l'Agence France-Presse que Laurent Nuñez ne remettait « absolument pas en cause cette causalité ». Selon ces sources, il n'existe « aucun doute dans son esprit » concernant le fait que la désignation de Samuel Paty a conduit de manière irréfutable le terroriste à choisir sa cible, établissant ainsi un lien de causalité certain. L'avocate générale a pour sa part estimé que « la réponse de M. Nuñez est la réponse d'un politique », suggérant que le ministre chercherait désormais « un correctif » à l'interprétation de ses propos initiaux.

La démarche du ministre, notamment l'envoi direct du mail à la présidente de la cour, a provoqué de vives critiques de la part des avocats de la défense. Me Vincent Brengarth s'est déclaré « abasourdi » par cet acte, dénonçant une « atteinte à la séparation des pouvoirs ». Me Francis Vuillemin a quant à lui évoqué « un embarras » entourant cette situation, tout en saluant la transparence de la présidente qui a informé l'ensemble des parties de la réception de ce courrier électronique. Cette affaire met en lumière les tensions entre les pouvoirs exécutif et judiciaire dans un procès hautement sensible.

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