Procès Orus : déception après six mois avec sursis pour l'empoisonnement du chien
Procès Orus : déception après six mois avec sursis

Procès en appel du chien Orus empoisonné : la déception de la partie civile

Ce mardi 17 février 2026, la cour d'appel de Montpellier a examiné le recours concernant l'affaire de l'empoisonnement du chien Orus, un malinois de cinq ans, survenu à Balaruc-le-Vieux dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2023. L'octogénaire condamné en première instance à six mois de prison avec sursis pour acte de cruauté ayant entraîné la mort n'a pas comparu à l'audience, représenté uniquement par son avocat Me Mikaël Poilpré.

Une absence justifiée par des raisons médicales

Le prévenu, âgé de 81 ans et se présentant comme un "inventeur", avait fait appel de sa condamnation initiale qui incluait également le versement de dommages et intérêts à la propriétaire Martine, sa famille et cinq associations de défense des animaux. Son absence a été motivée par des examens médicaux, selon son défenseur. Lors du premier procès, l'homme avait reconnu avec difficulté les faits, expliquant avoir simplement voulu "causer des désagréments au chien" en dissimulant un produit dans de la pâtée, pensant qu'il n'était pas mortel.

"Il est allé tellement loin dans un geste à l'opposé de ses valeurs qu'il en a honte", a déclaré Me Poilpré, précisant que son client, propriétaire de plusieurs chats, prévoyait de mentionner la SPA dans son testament.

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La souffrance persistante de la propriétaire

Martine, propriétaire d'Orus, a exprimé une nouvelle fois sa profonde détresse lors de l'audience. "Une partie de moi s'est brisée, Orus n'était pas qu'un chien mais un compagnon de vie", a-t-elle écrit dans son livre "Bats-toi", dont un extrait a été lu par son avocate Me Terrin. La plaignante, qui espérait faire avancer la cause animale à travers ce procès, se dit désormais harcelée sur les réseaux sociaux par le prévenu, au point d'avoir dû s'éloigner de Balaruc-le-Vieux.

"Ma cliente reste toujours interloquée par la cruauté du prévenu", a plaidé Me Terrin, décrivant l'accusé comme "fanfaron et désagréable", loin de l'image d'homme affaibli et désargenté présentée par la défense. L'avocate a souligné l'incompréhension quant aux motivations réelles, le chien n'étant présent que deux jours par semaine et le prévenu n'étant pas un voisin direct.

Des réquisitions pour une peine plus sévère

La partie civile a demandé une sanction plus lourde. "Six mois avec sursis, ça ne change rien à sa vie, 1000€ de dommages et intérêts, pour le préjudice de ma cliente c'est trop faible. Nous réclamons de la prison ferme avec un bracelet électronique", a martelé Me Terrin, réclamant 5000 € d'indemnisation pour Martine et 3000 € pour son compagnon.

Les associations de défense des animaux, dont la Fondation Brigitte Bardot, 30 Millions d'amis, la SPA et d'autres, ont exigé une meilleure reconnaissance de leur préjudice moral, arguant que le prévenu ne pouvait ignorer la dangerosité du produit utilisé. Certaines ont demandé le retrait de son droit de détenir un animal.

Le maintien des réquisitions initiales

L'avocat général s'est aligné sur la décision de première instance, reprenant les mêmes réquisitions. "Il faut raison garder même je compatis à la douleur durable de madame", a-t-il déclaré, évoquant l'âge avancé du prévenu et ses faibles revenus. Cette position a provoqué une vive déception chez la partie civile.

"J'ai tout perdu", a confié Martine, désemparée, à la sortie de l'audience. Le dossier a été mis en délibéré et la décision sera rendue en avril 2026, laissant la propriétaire et les associations dans l'attente d'une issue qui pourrait marquer un précédent dans la reconnaissance des droits des animaux.

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